Égalité/Illégalité : un couple en science politique ?

57Congrès annuel de la Société québécoise de science politique

 

Les inégalités socio-économiques ont été au cœur de la construction des théories en science politique dans les années 1970 et 1980 (néo-marxisme, économie politique, mais aussi dimension symbolique des rapports de domination). Celles-ci ont eu des prolongements très féconds dans plusieurs sous-champs de la discipline. Par exemple, en politique comparée plusieurs traditions de recherche se sont inscrites dans cette lignée pour proposer une analyse des États-providence, des révolutions et des changements de régimes politiques. En relations internationales, plusieurs théories ont mis de l’avant les relations dissymétriques entre le centre du système international et la périphérie. Les perspectives féministes en science politique ont également insisté sur la question de l’égalité de sexe/genres, proposant une lecture des inégalités statutaires et des dénis de reconnaissance, tout comme les perspectives post/dé-coloniales qui mettent en lumière différents processus de marginalisation. En sociologie politique, les conditions matérielles de l’action font toujours partie des facteurs explicatifs des comportements individuels et collectifs. Au final, l’inégalité n’est plus seulement comprise comme un écart de positions dans un système de production économique (national ou mondial), mais aussi comme un écart de situations dans un système de représentations et donc, de classification ou de typification (catégories de genres, catégories ethniques, catégories du national, de l'étranger, du réfugié, de l’émigrant/immigrant). La question de l’égalité et des effets délétères des inégalités économiques, mais aussi politiques, est ainsi revenue au cœur des préoccupations des politologues. 

 

Parallèlement, et c’est sans doute une spécificité contemporaine, l’illégalité, nationale et internationale, refait surface dans les débats, en se couplant à celle d’égalité. Ce couple se forme clairement autour des questions de migrations, de demandes d’asile et de refuge, bien sûr, mais aussi de la pluralité ethnoculturelle et religieuse ou encore des actions de désobéissance civile, collectives ou citoyennes, déclarées illégales dans les discours et les pratiques. Dans tous les cas, les normes, lois et manières de faire des États et des organisations internationales sont questionnées, mettant en tension l’illégalité avec l’idée d’égalité : état d’urgence, fermetures des frontières, actions répressives versus devoir d’accueil et respect des fonctionnements antérieures (que ce soit les règles de la démocratie libérale ou le respect des traités internationaux) ou tentatives d’adoption de politiques correctives des inégalités et des situations d’illégalité. Les comportements individuels et collectifs aussi sont au centre de ces questionnements, mettant en tension ce couple égalité/illégalité, et se traduisant notamment par une reconfiguration des clivages politiques et des forces politiques qui les soutiennent.

 

Pour cette édition 2019 du Congrès annuel de la Société québécoise de science politique, nous vous proposons de mettre en relation le couple égalité/illégalité, qui se situe au cœur des situations politiques contemporaines, en réfléchissant notamment aux innovations théoriques et méthodologiques, nécessaires ou existantes, utiles pour l’appréhender en science politique. Par exemple, parmi les enjeux de discussion qu’il serait intéressant de revisiter, nous vous proposons la liste suivante (non-exhaustive):

 

  • Inclusion/exclusion, diversité et « vivre-ensemble »
  • Discriminations multiples : racisme, sexisme, capacitisme, LGBTQphobies
  • Participation et citoyenneté
  • Migrations et gouvernance mondiale
  • Reconfiguration des clivages politiques et partisans
  • Lutte contre les inégalités 
  • Économie politique internationale
  • Criminalisation/pénalisation
  • Enjeux frontaliers et migratoires
  • Violence politique et sécurité

 

Le Congrès annuel de la SQSP se tiendra du 22 au 24 mai 2019 à l’Université de Montréal. Les chercheur-e-s de tous les domaines de la science politique ou de disciplines connexes interpellé-e-s par ces questions sont cordialement invité-e-s à s’inscrire à l’événement.

 

Cette année, vous avez le choix de plusieurs formats de présentations :

  • Ateliers (plusieurs panels)
  • Panels
  • Table-Ronde
  • Communications libres
  • Affiches/posters
  • Ma thèse en 180 secondes
  • Activités artistiques : performance, projection de film, exposition

 

Prochaines dates importantes

  • 30 novembre 2018 : date limite pour l’envoi des propositions d’ateliers, de panels ou de table-rondes (qui pourront donner lieu à un appel à communications si nécessaire)
  • 31 janvier 2019: date limite pour l’envoi des propositions d’affiches, de communications libres, et de la composition finale des ateliers, panels et table-rondes.
  • 31 mars 2019: dernière journée pour bénéficier du tarif réduit pour les inscriptions au Congrès #SQSP2019
  • 1er avril au 22 mai 2019 : inscriptions tardives pour le Congrès #SQSP2019
  • 22-24 mai 2019: Congrès annuel de la SQSP à l’Université de Montréal

 

Pour toute information supplémentaire, veuillez nous écrire à l’adresse suivante : sqsp@uqam.ca

 

22-24 mai 2019


Université de Montréal - Pavillon Lionel-Groulx
3150 Rue Jean-Brillant
Montréal, Québec
Canada, H3T 1N8

Fin des inscriptions


Le samedi 25 mai 2019 - 16:00

Fin des soumissions


Atelier: Le vendredi 30 novembre 2018 - 23:45
Table-ronde: Le vendredi 30 novembre 2018 - 23:45
Panel: Le vendredi 30 novembre 2018 - 23:45
Activité artistique: Le vendredi 30 novembre 2018 - 23:45

Contactez les organisateurs


sqsp@uqam.ca

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