Approche novatrice pour la révision des pratiques
Caroline Blais et Jean-François Durand
Clinique d'évaluation du potentiel à la chirurgie d'ostéo-intégration; l'expérience Montréalaise
Marie-Eve Demers
Coaching en Performance Occupationnelle: quand le parent et l'enseignant s'unissent pour améliorer la participation sociale de l'enfant
Corinne Nadeau
Comment mieux desservir la clientèle avec déficience significative et persistante de 0 à 7 ans ?
Suzanne Cloutier
De la connaissance à l’action : Mesurer l’écart entre les évidences et l’offre de service actuelle en matière d’apprentissage de la conduite
Maryse Beaudry
Dépense énergétique au repos des personnes vivant avec une lésion médullaire
Florence Sydney
Des lunettes électroniques pour lire la musique : L’examen de eSight
Bianka Lussier Dalpé
Développement d’un outil d’évaluation mesurant la sensibilité au froid
Marie-Andrée Couture
Echelles motivationnelles NER21 pour les personnes en situation de handicap, leur entourage et les thérapeutes impliqué/es dans le processus de réadaptation
Michèle Gerber
Effets de l'utilisation d'un chien de réadaptation au cours de l'entraînement prothétique sur les performances de marche de la clientèle présentant une amputation trans-tibiale d'origine vasculaire : étude pilote
Valérie Martin-Lemoyne
Élaboration d'une clinique de spasticité interdisciplinaire
Carolle Lavallée
Étude multicentrique des comportements de conduite automobile 2-3 ans après la réadaptation pour un traumatisme craniocérébral (TCC) et recommandations pour la pratique clinique
Michelle McKerral
Évaluation de la respiration et des mécanismes endogènes de modulation de la douleur chez les personnes présentant de la douleur chronique : des facteurs à considérer pour optimiser un processus de réadaptation?
Denis Laberge pht
Évaluation du groupe de codéveloppement comme modalité d’intervention pour soutenir les parents de jeunes dysphasiques dans la transition vers la vie adulte.
Michel Desaulniers
Groupe cognitif
Vicki Charlebois
Hallucinations visuelles et déficience visuelle : un questionnaire de repérage du syndrome de Charles Bonnet validé et disponible en ligne
Sylvie Cantin
Implantation d'un dépistage des difficultés sur le plan sexuel auprès d'une clientèle post-AVC en réadaptation : une étude qualitative
Louis-Pierre Auger
Implantation multicentrique du Mayo-Portland Adaptability Inventory (MPAI-4) en réadaptation : suivi de l’évolution fonctionnelle chez une clientèle traumatisée craniocérébrale (TCC) adulte
Marie-Claude Guerrette
Implication de l'équipe terrain NSA à l'URFI
Véronique Fortin
L'Autre défi
France Potvin
L'évaluation des services surspécialisés en trouble grave du comportement: au-delà du transfert de connaissances
Geneviève Thibault
La grille de signalement et suivi GSS Readapt : Un outil de collaboration au service du continuum de réadaptation AVC
Lynda Cloutier
Le Congé Précoce Assisté - réadaptation fonctionnelle intensive dans le confort de votre foyer : une offre de service novatrice pour la clientèle AVC léger à modéré de Montréal
Odile Côté est la coordonnatrice cli
Le KINAP : outil novateur de mesure de la KINésiophobie en Activité Physique.
Martine Desrosiers M. Sc.
L’usager qui comprend ses habiletés visuelles: un dynamiseur de réadaptation!
Mathieu Carignan
Mémoire à court terme/Mémoire de travail chez l’enfant sourd profond muni d’un implant cochléaire: Contribution à la compréhension des difficultés cognitives des enfants sourds
Stéphanie Pouyat-Houée
Mieux comprendre et accompagner le trouble développemental de la coordination (TDC) : développement d'une trousse d'outils novateurs
Caroline Doyon
Organisation du continuum et de la dispensation des services aux enfants âgés de 2 à 9 ans présentant un trouble développemental du langage (trouble primaire du langage)
Sylvie Valade
Outils et support clinique pour la clientèle aphasique
Diane Aspirot
Partenariat de services en réadaptation post-AVC
Isabelle Duranceau
Partenariat novateur pour mieux desservir la clientèle TCCL en Chaudière-Appalaches
Julie Bergeron
Pour tout savoir sur la dystrophie musculaire oculopharyngée : un document interdisciplinaire à portée de mains
Danielle Nadeau
Programme de la douleur chronique : amener le client à faire autrement et intégrer les acquis dans son mode de vie.
Christine Mills
Programme TranXition : Nouveau paradigme de réadaptation extrême pour l’intégration des jeunes comme citoyens actifs
Virginie Cousineau
Programme Vision Carrières
Nathalie Thibeault
Projet d’évaluation des technologies et des modes d’intervention sur les pratiques d’intervention auprès des personnes ayant une lésion cérébrale et un trouble d’utilisation des substances dans les milieux de vie
Dominique Bélanger
Projet innovant pour développer l'organisation spatiale des enfants en cécité
Marie-Julie Pinet
Projets-pilotes en suppléance à la communication orale et en systèmes de contrôle de l'environnement
Danie Lavoie
Protocole d'évaluation adapté en neuropsychologie
Guylaine Duchesneau
Révision de l'organisation des services en DI-TSA-DP afin d'intervenir plus précocément sur le développement des enfants 0-7 ans
Anne-Élisabeth Viel
Signes précoces des troubles du spectre de l'autisme chez de jeunes enfants déficients visuels
Laura LATOUR
Tableau indicateur de configurations des aides à la mobilité facilitant les projets d’adaptation de véhicule.
Louise Bélanger
Troubles cortico visuels : comment mieux intervenir ? Une expérience gagnante au CRMM
Geneviève Chabot
Veille stratégique sur les aides techniques: des retombées concrètes
Isabelle Savard

Approche novatrice pour la révision des pratiques


Caroline Blais et Jean-François Durand1
1cisssmo

Devant les constats suivants :

-augmentation importante des TCCL représentant 36% des clients traumatologie

-contexte de réduction des ressources

-offre de services inter équipes différentes et en écart à notre volonté de se coller aux meilleures pratiques,

-un délai trop élevé pour un premier service

 

un comité de travail s’est vu confier le mandat de proposer un cheminement de clientèle harmonisé entre équipes qui permettrait de réduire le HPS moyen et la DMS par l’optimisation des activités ainsi qu’un plan d’implantation.

 

La méthodologie utilisée sera le cœur de la présentation. Elle est caractérisée par une approche consultative des acteurs clés, choisis par leurs pairs.  Elle nécessite très peu d’investissement de temps des cliniciens (participation et préparation), tout en générant rapidement des consensus par l’utilisation d’une approche inspirée de la technique du groupe nominal. La reconnaissance et l’expertise clinique de chacun ont été mises au profit dans ce processus.

 

L’exercice a permis de susciter les échanges pour la révision de notre offre de services, l’intégration et l’adhésion rapide des équipes aux nouvelles modalités de cheminement retenues et l’atteinte de l’objectif de réduction du HPS moyen. Dans un contexte de gestion de performance et de suivi d’indicateurs, les échanges sur les enjeux de hausse de clientèle, de l’utilisation judicieuse de nos ressources et du maintien de la qualité de nos services ont été au cœur de leur travail. La force du réseautage, du partage des expertises et de l’entraide inter équipe ont aussi été très porteur.  Finalement, le sondage d’appréciation du processus réalisé auprès des intervenants nous confirme leur satisfaction quant à la pertinence et l’efficience de la méthodologie utilisée.

 

Bien que réalisée pour une clientèle présentant un TCCL, la méthodologie étudiée, simple, mobilisatrice et efficiente, a l’avantage de pouvoir s’appliquer à n’importe quelles pratiques nécessitant sa réévaluation.

Clinique d'évaluation du potentiel à la chirurgie d'ostéo-intégration; l'expérience Montréalaise


Marie-Eve Demers1, Dr Nathalie Habra1
1Ciusss Centre-Sud de l'île de Montréal

L'ostéointégration (OI) est un procédé chirurgical de plus en plus répandu dans le monde pour les amputations de tous les niveaux. Deux personnes amputées du Québec ont bénéficié de l'OI en Australie et ont fait leur réadaptation à l'IURDPM, avec des résultats positifs, à l'image des résultats rapportés dans des revues systématiques récentes. Une équipe interdisciplinaire du Québec, composée d'un orthopédiste, d’une physiatre, d’une physiothérapeute et d’une prothésiste, a été invitée par l’Osseointegration Group of Australia pour en apprendre davantage sur la méthode chirurgicale, la sélection des patients et le protocole de réadaptation.
Suite aux résultats positifs obtenus chez ces 2 patients, à l'engouement de l'équipe traitante et de la clientèle, la perspective de réaliser les chirurgies à Montréal était très attrayante. L'équipe québécoise a donc été inspirée et encouragée à développer une clinique d'OI à Montréal, en vue de sélectionner des patients potentiels.
Le projet consiste à présenter le développement et l’implantation de la clinique d'OI à l'IURDPM : rencontres individuelles, sélection des patients, questionnaires, évaluations, rencontre avec les médecins, discussion et prise de décision.  Lap résentation mettra en lumière les éléments distinctifs de l'approche Québécoise, en comparaison avec l'approche Australienne.
Basée sur un processus interdisciplinaire rigoureux, cette clinique riche en expertise offre aux personne amputées, non seulement une information sur leur éligibilité mais aussi de l'information et des solutions alternatives à l’OI lorsqu’elles ne remplissent pas les critères de sélection. L'ensemble des données collectées et des décisions cliniques prises lors de l'évaluation des usagers sera analysé afin d'évaluer le processus de décision et à terme l'impact de l'ensemble du processus sur le fonctionnement des usagers qui auront ou non bénéficié de l'OI.

Coaching en Performance Occupationnelle: quand le parent et l'enseignant s'unissent pour améliorer la participation sociale de l'enfant


Corinne Nadeau1, Audrée-Jeanne Beaudoin1, Chantal Sylvain1
1Université de Sherbrooke

Problématique :  Les enfants ayant un trouble de traitement de l’information sensorielle présentent fréquemment des habiletés d'auto-régulation sous-optimales interférant avec leur participation sociale. Afin d’optimiser l’effet des interventions ergothérapiques, il est primordial d’impliquer activement l’entourage de l’enfant, avec du coaching par exemple. Le Coaching en Performance Occupationnelle se distingue par sa flexibilité d’implantation et sa vision centrée sur le client et l’occupation. Cependant, il n’est utilisé qu’avec des parents ou des enseignants, alors qu’une intervention conjointe pourrait s’avérer prometteuse pour améliorer la participation sociale à l’école et à la maison. Objectif : Implanter une intervention novatrice de Coaching en Performance Occupationnelle (CPO) auprès de dyades parents-enseignants d’enfants présentant des difficultés d’auto-régulation, qui tienne compte de l’expérience des participants. Méthodologie : Trois étapes ont été réalisées : 1) adapter l’intervention de CPO suite à une recension des écrits, 2) mettre à l’essai l’intervention adaptée avec trois clients, 3) évaluer la satisfaction et l’acceptabilité de l’intervention selon les participants par des questionnaires et entrevues. Résultats : Les participants ont été globalement satisfaits de l’intervention de CPO. Les points forts sont la concertation des acteurs-clés, le processus itératif favorisant l’implantation des stratégies, le rapprochement parent-enseignant et la sensibilisation aux enjeux de l’enfant. Les éléments nuisant à l’acceptabilité sont l’absence d’intervention directe auprès de l’enfant, le changement de rôle de l’ergothérapeute (facilitateur vs expert) et l’investissement de temps élevé des enseignants. Pour optimiser la validité sociale, les pistes proposées sont de mieux expliciter le rôle de l’ergothérapeute et de faire participer occasionnellement l’enfant pour démontrer certaines stratégies. Application : L’intervention de CPO est perçue socialement acceptable lorsque prodiguée en dyades parents-enseignants. Elle pourrait s’implanter de façon réaliste dans la pratique des ergothérapeutes et mener à des gains d’efficience. Ce coaching pourrait potentiellement être utilisé auprès de clientèles variées vivant des défis de participation sociale. 

Comment mieux desservir la clientèle avec déficience significative et persistante de 0 à 7 ans ?


Suzanne Cloutier1, Geneviève Chabot1, Shari Joseph1, Lyne Ouellette1
1Université McGill

PROBLÉMATIQUE  L’accès aux services est un enjeu majeur pour les enfants de 0 à 7 ans présentant une déficience significative et persistante. Dans un contexte de mandat ministériel de révision des trajectoires de services, le CCOIDM a décidé d’innover en développant une trajectoire conjointe entre deux directions. L’enjeu des délais d’accès a d’abord été adressé sur 2 plans : celui de la duplication des interventions et celui de la mauvaise orientation des usagers.

OBJECTIFS  L’objectif premier a été de dépister systématiquement tout enfant pour lequel un intervenant de première ligne présentait une inquiétude. Ce dépistage permet de mieux identifier les besoins des enfants et les orienter au bon endroit, à une clinique diagnostique ou aux services spécialisés en deuxième ligne.

MÉTHODOLOGIE / DÉMARCHE  Pour choisir les outils de dépistage, l’équipe s’est basée sur les pratiques recommandées et les données probantes. Ceux-ci devaient présenter des qualités psychométriques adéquates pour assurer un dépistage conforme aux besoins des usagers. L’équipe de première ligne utilisait déjà l’ASQ. Les outils M-CHAT-R et le SCQ ont été ajoutés à l’ASQ et administrés à plus de 60 usagers entre septembre 2017 et avril 2018.

RÉSULTATS ET RETOMBÉES Des usagers dépistés à l’aide du M-CHAT-R, 46 enfants ont été référés à la clinique d’évaluation. Seize enfants ont été évalués et 14 ont reçu un diagnostic de TSA.  Ainsi, l’ajout de l’outil a permis une baisse significative du taux de faux-positif : de  30% à 6%, soit une amélioration de 80%. En diminuant le taux de faux-positif, les enfants seront orientés vers les services appropriés.

POTENTIEL D’APPLICATION  Ainsi, si la tendance se maintient, moins de 6% des enfants seront mal orientés, au lieu de 30%. Il sera ainsi possible d’intervenir au moment opportun et de maximiser le niveau d’autonomie de la clientèle pour un maximum d’usagers.

De la connaissance à l’action : Mesurer l’écart entre les évidences et l’offre de service actuelle en matière d’apprentissage de la conduite


Maryse Beaudry4, Isabelle Gélinas1,2,3,6, Marie-Eve Lamontagne5,7, Ernesto Morales5,7, Sylvie Chénard4
1McGill University 2McGill University 3McGill University 4CIUSSS-CN 5Université Laval 6CRIR 7CIRRIS

Introduction:

La conduite automobile est une activité importante pour la participation sociale des jeunes adultes ayant des incapacités. Toutefois, l’apprentissage de cette activité n’est actuellement pas soutenu par une offre de service basée sur des preuves.

Un Programme d’entrainement à la conduite est offert actuellement aux personnes ayant des incapacités de l’Est du Québec, mais on ignore à quel point les processus de ce programme correspondent aux preuves scientifiques, expérientielles et fondées sur les perceptions et les préférences de la clientèle. Le but de ce projet est d’évaluer les écarts entre les preuves scientifique, expérientielles et liées aux usagers et les services offerts par le Programme d’entrainement à la conduite du CIUSSS-CN.

Objectifs:

Les objectifs sont : 1) de définir le point de vue et les préférences des usagers par rapport l’apprentissage de la conduite; 2) de créer des indicateurs scientifiques, expérientiels et liés aux points de vue et préférences des usagers permettant d’évaluer les programmes d’entrainement à la conduite; et 3) de mesurer les écarts entre les connaissances et la pratique dans le Programme d’entrainement à la conduite du CIUSSS-CN.

Méthodologie:

En se basant sur le modèle KTA, ce projet utilisera une méthodologie qualitative et quantitative en trois étapes 1) la réalisation de focus groups avec des usagers; 2) la définition et la validation de critères et d’indicateurs et 3) un audit de dossiers. Les résultats de cette étude serviront de base à l’implantation d’un programme amélioré basé sur les preuves, qui pourra servir de modèle pour le développement d’autres ressources similaires à travers la province. L’ensemble de ces démarches favorisera l’obtention du permis de conduire pour une clientèle de jeunes adultes ayant des incapacités, ce qui aura pour impact de favoriser leur intégration dans diverses activités significatives pour eux pour ultimement favoriser une participation sociale plus satisfaisante.

 

Dépense énergétique au repos des personnes vivant avec une lésion médullaire


Florence Sydney1,2, Hugues Plourde3, Ross Andersen3, Ryan Reid3, Shane Sweet3, Christina Apostolakis3
1Centre de réadaptation Lucie-Bruneau 2Institut de réadaptation Gingras-Lindsay de Montreal 3Université McGill

Les équations actuelles pour estimer la dépense énergétique au repos (DER) surestiment les besoins d'une personne vivant avec une lésion médullaire (LM). De plus 60% des personnes avec une LM sont obèses, les mettant à risque de diabète, de maladie cardiovasculaire et de plaies de pression.

 

Objectifs de la recherche:

1) Évaluer l'exactitude des équations de prédiction courantes (Harris-Benedict et Mifflin St. Jeor) pour estimer la DER chez les personnes atteintes de LM par rapport à la DER mesurée;

2)Valider de l’équation de Buchholz et al. créée pour les personnes atteintes de LM.

 

Hypothèses:

1) Les équations actuelles de prédiction (Harris-Benedict et Mifflin St. Joer) surestiment la DER chez les personnes atteintes de LM;

2) L’équation de Buchholz et coll., une équation de prédiction spécifique à cette population, estime adéquatement la DER chez les personnes atteintes de LM.

 

Conclusions:

1) Les équations de prédiction courantes surestiment la DER.

2).L’équation de Buchholz et coll. semble prédire avec plus de précision la DER.

—Malgré tout:

—La corrélation entre la DER estimée et la DER mesurée suggère que cette équation peut être plus raffinée pour mieux estimer les besoins énergétiques

—Cette équation nécessite la masse maigre, ce qui la rend difficile d'utilisation dans un contexte clinique.

 

Implications cliniques:

—Les diététistes doivent être conscients des effets d'utiliser les équations actuelles sur une population avec un LM.

—L’équation de Buchholz et coll. pourrait aider les diététistes qui ont accès à la masse grasse de leurs clients, à mieux prédire leurs besoins énergétiques.

 

 

Des lunettes électroniques pour lire la musique : L’examen de eSight


Bianka Lussier Dalpé1, Walter Wittich2, Marie-Chantal Wanet Defalque3
1Institut Nazareth et Louis-Braille, CRIR 2Université de Montréal, CRIR 3Institut Nazareth et Louis-braille, CRIR

INTRODUCTION:
Lire la notation musicale tout en l’interprétant avec un instrument de musique est source de difficultés pour les musiciens atteints de déficience visuelle (DV). Le but de cette étude est de décrire les aides visuelles, adaptations et stratégies compensatoires utilisées par les pianistes avec DV, puis d’identifier les difficultés résiduelles. Finalement, de vérifier si les lunettes électroniques eSight permettent de surmonter certaines de celles-ci.

 

MÉTHODOLOGIE :
Nous avons mené une étude exploratoire auprès de cinq pianistes amateurs atteints de DV à qui nous avons proposé de lire et d’interpréter deux extraits de notation musicale avec eSight. Les données ont été récoltées par une entrevue avec chaque participant, puis codées selon une méthode qualitative et une approche phénoménologique.

 

RÉSULTATS :
Les résultats suggèrent que des aides visuelles, adaptations et stratégies compensatoires variées sont employées par les musiciens avec DV. Cependant, elles entraînent des difficultés importantes, surtout lorsque le grossissement est utilisé. eSight permet d’ajuster le niveau d’agrandissement, de libérer les mains et d’avoir accès à une notation musicale adaptée pratiquement sans préparation.

 

DISCUSSION :
Nombre de difficultés engendrées par le grossissement sont surmontées par l’utilisation d’eSight. Ces lunettes électroniques permettent de lire et d’interpréter simultanément la notation musicale régulière. Cependant, le coût de l’aide constitue un obstacle important à son utilisation à des fins de lecture musicale.

 

POTENTION D'APPLICATION :

Les aides électroniques montées en lunettes (HMD), telles eSight représentent une avenue intéressante pour les personnes atteints de DV. L'utilisation d'un HMD pour faciliter la lecture de partitions musicales consiste en une application concrète d'une nouvelle technologie en vue de réduire des situations de handicap pour une habitude de vie bien précise.

Développement d’un outil d’évaluation mesurant la sensibilité au froid


Marie-Andrée Couture1, Valérie Calva1, Chantale Poulin1, Léo LaSalle1, Ana de Oliveira1,3, Bernadette Nedelec1,2,3
1Hôpital de réadaptation Villa Medica 2Université McGill 3CRCHUM

La sensibilité au froid est une plainte rapportée et documentée dans la littérature auprès de la clientèle présentant des blessures à la main. Cependant, elle est peu  documentée auprès des personnes ayant subi des brûlures graves. Ainsi, un questionnaire a été développé afin d’évaluer l’impact possible du froid auprès de cette clientèle. Le questionnaire a été développé à  la suite d’une revue de la littérature et d’un examen des outils existants. Il a été validé en français et en anglais.

 

L’auto-questionnaire comprend  7 questions utilisant une échelle de Likert à 5 niveaux et ont été formulées en se basant sur des questions adressant la sensibilité à la chaleur dans un questionnaire mesurant la qualité de vie (Burn Specific Health Scale).

L’outil a été complété une fois auprès de 70 personnes et suivi dans le temps auprès de 20 personnes. L’outil présente une bonne validité de construit puisqu’il n’y a pas d’effet plancher ni d’effet plafond.

 

La majorité des grands brûlés avait subi une brûlure par flammes et 76,5% représentait des hommes.

 

Les énoncés les plus problématiques étaient : «Je dois me protéger davantage du froid qu’avant» (48,6%), «Je ressens plus le froid qu’avant» (38,6%), «M’exposer au froid m’incommode» (34,3%) puis «Le temps froid m’incommode» ( (32,9%).

Selon les résultats, la sensibilité au froid a un impact négatif sur la qualité de vie et ne semble pas s’améliorer dans le temps. Cette dimension est importante à prendre en considération notamment dans un climat comme le nôtre et particulièrement chez la clientèle travaillant dans des environnements froids.

 

En conclusion, le questionnaire sur la sensibilité au froid permet aux intervenants d’évaluer cette composante dans l’espoir d’adresser davantage la problématique en trouvant des moyens alternatifs afin de minimiser l’impact du froid sur la qualité de vie.

Echelles motivationnelles NER21 pour les personnes en situation de handicap, leur entourage et les thérapeutes impliqué/es dans le processus de réadaptation


Michèle Gerber1
1NER21

La participation active de la personne engagée dans une réadaptation neurologique est primordiale pour la neuroplasticité. Les échelles motivationnelles originales NER21 créées par 3 professionnelles de la santé (orthophoniste, physiothérapeute et médecin) sont simples à utiliser, y compris pour les personnes avec aphasie. Elles permettent une auto-évaluation de l’usager concernant le degré d’effort et de satisfaction/bien-être, de capacité et de douleur durant les diverses activités réalisées dans son programme de réadaptation.

Le concept « Neuro-Environmental Rehabilitation 21st century/NER21 » étant une approche environnementale et biopsychosociale, utilisant comme cadre de référence la CIF de l’OMS, l’approche systémique et communautaire, la participation de l’usager aux décisions est primordiale. Les échelles NER21 sont motivationnelles et subjectives. Elles permettent une triple utilisation : l’usager peut exprimer spontanément son ressenti après une activité thérapeutique, sa réponse permet aux thérapeutes de l’aider à évaluer objectivement son degré d’investissement s’il était erroné et le degré de facilitations thérapeutiques est mis en relation avec l’effort attendu par l’usager.

Elles ne remplacent aucunement les évaluations objectives mais sont un complément de valeur utilisé en Europe, en Amérique du Nord et du Sud et en Afrique depuis plusieurs mois. Si les usagers des villes ont moins de problèmes à s’exprimer, il n’en est pas de même pour d’autres catégories de population : Les personnes d’un certain âge, celles appartenant à des groupes communautaires défavorisés (vivant dans les townships sudafricains, par exemple) n’ont pas l’habitude d’exprimer leurs sentiments, la réponse la plus courante étant « vous savez mieux que moi…! » Cette attitude est déresponsabilisant et ne correspond pas à une approche CIF. Les échelles NER21 responsabilisent tous les intervenants en réadaptation (usagers, entourage et thérapeutes). 3 études utilisant les échelles NER21 au Canada, en Suisse et en Afrique du Sud sont actuellement en stade de validation.

Effets de l'utilisation d'un chien de réadaptation au cours de l'entraînement prothétique sur les performances de marche de la clientèle présentant une amputation trans-tibiale d'origine vasculaire : étude pilote


Valérie Martin-Lemoyne1,2, Cyril Duclos1,2,3, Dany H. Gagnon1,2,3
1Institut de réadaptation Gingras-Lindsay de Montréal du CIUSSS du Centre-Sud-de-L'Île-de-Montréal 2Laboratoire de pathokinésiologie du Centre de recherche interdisciplinaire en réadaptation du Montréal métropolitain 3Université de Montréal

Problématique

Les personnes ayant une amputation unilatérale d’un membre inférieur sont généralement appareillées avec une prothèse. Cependant, la diminution de l’équilibre et de la mise en charge sur la prothèse limite les capacités locomotrices de ces patients. L'utilisation d'un chien de réadaptation pourrait améliorer la marche des personnes amputées en favorisant entre autre l'appui sur la prothèse.

 

Objectif

Évaluer l'effet de l’utilisation d’un chien de réadaptation lors de l’entraînement à la marche avec la clientèle amputée sur les capacités de marche entre le début et la fin de l’entraînement prothétique comparativement à un groupe témoin.

 

Méthodologie

Douze patients ayant une amputation trans-tibiale d’origine vasculaire, ont été recrutés en début de phase de réadaptation fonctionnelle intensive. Pour le groupe expérimental (n=6), les auxiliaires de marche passifs étaient remplacés par un chien de réadaptation 2-3 fois par semaine lors des entrainements de marche, alors que le groupe contrôle n'utilisait que les auxiliaires passifs (n=6). La capacité locomotrice a été évaluée au début et en fin d’entraînement prothétique à vitesse confortable (Timed-Up-and-Go), rapide (marche sur 10 m) et sur une durée prolongée (6 minutes de marche).

 

Résultats

L’entrainement avec le chien a augmenté davantage (p<0.037) les vitesses de marche naturelle (0.31 (0.12) à 0.70 (0.14) m/s) et rapide (0.81 (0.24) à 1.10 (0.30) m/s) comparativement à l’entraînement contrôle (naturelle : 0.35 (0.26) à 0.47 (0.20) m/s; rapide : 0.71 (0.21) à 0.87 (0.25) m/s). En fin d'entrainement prothétique, la distance parcourue pendant 6 minutes était plus importante pour le groupe expérimental (346 (148) m) que pour le groupe contrôle (219 (89) m, p=0.054).

 

Potentiel d’application

Ces premières évidences s’avèrent prometteuses et devraient favoriser l’intérêt des centres desservant cette clientèle en plus d’appuyer la continuation des recherches sur l’utilisation d’un chien de réadaptation afin d’en arriver à des niveaux de preuves plus élevés.

Élaboration d'une clinique de spasticité interdisciplinaire


Carolle Lavallée1,3, Élilse Lamy1, Michel Panisset1,2
1Hôpital de réadaptation Villa Medica 2CHUM 3École de réadaptation, Université de Montréal

L’Hôpital de réadaptation Villa Medica (HRVM) est un établissement assurant un suivi auprès de la clientèle adulte ayant subi un AVC.  Une des conséquences de l’AVC est la spasticité. Elle se retrouve chez environ 30% des patients et est responsable d’une importante partie des déficits.  Avec les récentes évidences scientifiques qui supportent l’utilisation de la toxine botulinique en conjonction avec les équipes des services de réadaptation dans l’amélioration de la spasticité et de la fonction des patients, des centres d’expertise en soins post AVC se sont développés dans plusieurs pays. Une clinique de spasticité interdisciplinaire a donc été développée à l’HRVM en collaboration avec les neurologues du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) et la compagnie Allergan. La clinique de HRVM utilise un mode interdisciplinaire intégré, les patients étant évalués en même temps et dans la même salle par les différents intervenants (ergothérapeutes, physiothérapeutes, physiatres, neurologues) de l’équipe.  Le  patient complète préalablement un formulaire en lien avec ses incapacités causées par la spasticité. Les questions d’introduction sont primordiales pour l’équipe et sont toujours formulées comme suit : « Qu’est-ce qui vous gêne? » et « Comment peut-on vous aider? ». Suite à l’évaluation et les discussions interdisciplinaires, la décision est prise d’injecter ou non les groupes musculaires en cause. Une photo ou une vidéo est faite au jour « zéro ». Suite à l’injection de la toxine, photos ou vidéos sont reprises à un mois, deux mois et trois mois post-injection.  Des recommandations sont données et  un programme d’exercices peut être enseigné et remis au patient. Il est important de noter la notion d’auto-responsabilisation du patient. À ce jour, nous pouvons affirmer que le suivi interdisciplinaire de la spasticité permet d’atteindre généralement les objectifs de suivi. Des indicateurs devront être ciblés pour documenter davantage nos données.

Étude multicentrique des comportements de conduite automobile 2-3 ans après la réadaptation pour un traumatisme craniocérébral (TCC) et recommandations pour la pratique clinique


Michelle McKerral1, Isbelle Gélinas2, Patricia Delhomme3
1Centre de recherche interdisciplinaire en réadaptation (CRIR) - Site Lucie-Bruneau - IURDPM - CIUSSS CSMTL, et Département de psychologie, Université de Montréal 2CRIR - Site Hôpital juif de réadaptation - CISSS de Laval, et École de physiothérapie et d'ergothérapie, Université McGill 3Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux (IFSTTAR), Versailles, France

Problématique. La possibilité de conduire est importante pour la participation sociale des adultes ayant subi un TCC et le retour à la conduite automobile sécuritaire est abordé pendant la réadaptation, mais nous en savons peu sur les comportements de conduite dans les années après le TCC.

Objectifs. Évaluer si les personnes TCC ayant réussi une évaluation de la conduite auto se différencient, en termes de comportements et d'infractions de conduite, de celles n'ayant pas eu d'évaluation de la conduite, et de témoins normaux.

Méthodologie. Participants: 162 adultes 18-60 ans; 48 ayant un TCC léger/modéré/grave dont le permis de conduire a été suspendu puis rétabli après une évaluation de la conduite auto (TCC-EC) et 24 avec un TCC ayant maintenu leur permis sans évaluation de la conduite (TCC-SE), recrutés dans 6 centres de réadaptation, 2-3 ans post-réadaptation; 90 témoins normaux appariés. Les capacités de conduite, l'expression de la colère/recherche de sensations au volant, la transgression des règles de conduite, les accidents/infractions de la route ont été mesurés par entrevue téléphonique. Les infractions de conduite documentées ont été obtenues de la SAAQ.

Résultats. Le groupe TCC-EC incluait plus de personnes avec un TCC modéré/grave que le groupe TCC-SE et rapportait des scores plus faibles pour l'expression verbale de la colère et l'utilisation du véhicule pour exprimer la colère par rapport aux témoins. Le groupe TCC-EC présentait plus d'infractions de conduite documentées avant leur TCC et plus de points d’inaptitude après leur TCC comparativement au groupe témoin. Le groupe TCC-EC présentait une fréquence plus élevée d'accidents graves par rapport aux autres groupes.

Potentiel d’application. Les personnes ayant un TCC pourraient sous-évaluer leurs comportements de conduite à risque et selon les résultats du groupe de discussion mené auprès de cliniciens, ils devraient être abordés spécifiquement lors de la réadaptation.

Financement: FRQS-Consort. dévelop. rech. traumato.

Évaluation de la respiration et des mécanismes endogènes de modulation de la douleur chez les personnes présentant de la douleur chronique : des facteurs à considérer pour optimiser un processus de réadaptation?


Denis Laberge pht1, Nathalie Jobin1, Marc Perron pht MSc1,2, Martin Gagné Ph.D.3, Sebiyo Charles Batcho2,3, pht Ph.D.2,3, Catherine Mercier erg Ph.D.2,3
1Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale 2Département de réadaptation, Faculté de médecine, Université Laval 3Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale

Problématique: Les résultats des interventions de gestion de la douleur demeurent souvent insatisfaisants pour une grande proportion de personnes souffrant de douleur chronique. Plusieurs études suggèrent la présence d’hypocapnie dans cette population, et il a été proposé que des changements autonomiques puissent être associés à une altération des mécanismes endogènes de modulation de la douleur (MEMD). L’évaluation de paramètres respiratoires et des MEMD demeure rare en clinique et pourrait favoriser une meilleure prise de décision clinique. Toutefois, la faisabilité et la pertinence clinique de telles mesures restent à démontrer.

Objectifs: Décrire la faisabilité clinique d’intégrer l’évaluation de paramètres respiratoires et des MEMD dans la prise en charge des douleurs chroniques en réadaptation.

Méthodologie: L’évaluation de la pression de CO2 en fin d’expiration (Pet-CO2) et des MEMD  a été réalisée auprès d’adultes avec douleurs chroniques du rachis en attente de réadaptation au CIUSSS-CN. La Pet-CO2 a été mesurée avec un analyseur métabolique-Ergocard) et les MEMD avec un protocole employant une thermode (stimulus test) et l’immersion de la main dans l’eau froide (10°C) (stimulus conditionnant).

Résultats: Sur 18 personnes sollicitées, 14 (43,6± 10,5 ans; dont 9 femmes) ont accepté de participer. Dix participants ont complété le protocole, comprenant une séance d’environ 1 heure incluant l’immersion dans l’eau froide pendant 2 min.  Pour les 4 autres participants, le protocole a dû être modifié pour diverses raisons (ex. intolérance de la posture assise ou de l’immersion de la main). Les données recueillies ont permis d’identifier 8 personnes présentant une PetCO2<35mmHg (seuil d’hypocapnie) et 4 avec une absence de MEMD (dont 3 avec hypocapnie).

Potentiel d’application: L’évaluation préalable de la fonction respiratoire et des MEMD pourrait favoriser la sélection d’interventions ciblées pour les personnes présentant ces problématiques. Toutefois, avant d’implanter ces évaluations, il demeure important d’évaluer l’impact potentiel de ces variables sur leur capacité fonctionnelle.

Évaluation du groupe de codéveloppement comme modalité d’intervention pour soutenir les parents de jeunes dysphasiques dans la transition vers la vie adulte.


Michel Desaulniers1, Catherine Miller-Duchesne1, Normand Boucher1,2,3, Mélanie Couture1, Nadine Lacroix1
1CIUSSS de la Capitale-Nationale 2CIRRIS 3Université Laval

Problématique 

Tout parent cultive des doutes à l’égard de la capacité d’adaptation ou d’autonomie de son enfant et cet enjeu serait plus grand pour ceux dont les enfants présentent des incapacités. Les ateliers offerts actuellement ne répondent pas aux besoins de l’ensemble des parents. Le groupe de codéveloppement, basé sur le coapprentissage et la réflexion apparait une avenue prometteuse pour soutenir l’appropriation de stratégies auprès de parents de jeunes dysphasiques en transition vers la vie adulte.

Objectifs

1) Mesurer l’effet du groupe de codéveloppement sur le sentiment d’efficacité personnelle des parents;

2) Caractériser les changements dans la perception des parents à l’égard de leur rôle dans l’accompagnement de leur jeune;

3) Documenter l’expérience et la satisfaction des parents à l’égard de cette modalité novatrice.

Méthodologie 

Un devis mixte a été utilisé. Les parents de jeunes adultes dysphasiques âgés entre 16 et 25 ans ont été invités à prendre part à l’étude. 3 rencontres utilisant l’approche de codéveloppement ont été réalisées. Le sentiment d’efficacité personnelle, l’expérience des parents, les perceptions et la satisfaction des parents ont été évaluées à l’aide de différents outils comme des  questionnaires et un groupe de discussion.  

Résultats et retombées

Plusieurs avantages sont identifiés par les 5 participants tel que bénéficier du vécu des autres parents; d’espace d’échanges autour de la situation de leur enfant; de l’importance de la méthode pour clarifier une situation afin de faciliter la recherche de solution. Six mois après, 80% des parents utilisent toujours les stratégies apprises avec leur enfant et mentionnent que leur participation a permis d’effectuer une prise de conscience sur des situations vécues avec leur jeune.

Potentiel d’application

Les résultats suggèrent que cette modalité d’intervention pourrait être utilisée auprès de tous les parents qui souhaitent apprendre les uns des autres peu importe le diagnostic de leur enfant.

Groupe cognitif


Élise Lamy1, Vicki Charlebois1, Isabelle Desjardins1
1Hôpital de réadaptation Villa Medica

L’hôpital de réadaptation Villa Medica offre des services en réadaptation notamment auprès de la clientèle avec atteinte neurologique. Une partie de cette clientèle présente des troubles cognitifs et a des difficultés à mettre en place les moyens compensatoires enseignés et requis pour optimiser leur autonomie à domicile. Selon les recherches, des interactions sociales et l’entraînement des capacités cognitives ont un apport positif pour cette clientèle. Dans ce contexte, des ergothérapeutes du programme de neurologie ont développé un projet innovateur soit un groupe d’enseignement et de stimulations cognitives ouvert aux usagers et leurs proches.  La participation d’un proche permet à l’usager d’avoir un support pour faciliter et intégrer les techniques enseignées. Ainsi, les usagers peuvent appliquer quotidiennement à leur domicile les moyens enseignés (approches écologiques en entraînement cognitifs supportées par les données probantes). Les sujets abordés dans ce groupe sont : l’attention, la mémoire, l’organisation et la planification ainsi que la fatigue et l’activité physique. Cette modalité d’intervention favorise les échanges et permet aux  usagers et leurs proches de développer, dans certains cas, un réseau de soutien. Un questionnaire de réintégration à la vie normale est complété par les usagers au début et à la fin de la séquence.  Cette forme d’enseignement et de soutien par l’intermédiaire de groupe répond à des besoins auprès de la clientèle et de leurs proches.  Ce projet novateur est maintenant offert régulièrement. À ce jour, 8 sessions ont été complétées et un taux d’appréciation de 78% a été relevé. Un suivi des indicateurs pour les groupes à venir sera intéressant à recueillir  afin de valider les observations et les objectifs visés sur un plus grand nombre de participants.  Finalement, en adressant les difficultés cognitives légères et l’inclusion des proches, la problématique est démystifiée,  l’intégration des acquis est facilitée et la qualité de vie est améliorée. 

Hallucinations visuelles et déficience visuelle : un questionnaire de repérage du syndrome de Charles Bonnet validé et disponible en ligne


Sylvie Cantin1, Josée Duquette1, François Dutrisac2, Lise Ponton2, Marie Courchesne2, Roger Dufour2, Walter de Abreu Cybis1, Kassandre Montisci1, Marie-Chantal Wanet-Defalque1,3
1CRIR-Institut Nazareth et Louis-Braille 2Institut Nazareth et Louis-Braille 3École d'optométrie, Université de Montréal

Le syndrome de Charles Bonnet (SCB) renvoie à la présence d'hallucinations visuelles, qui surviennent suite à une perte de vision et en l'absence de désordres psychiatriques. La proportion des personnes atteintes d'un trouble visuel qui expérimentent des hallucinations visuelles (HV) de type SCB varierait entre 5 % et 27 %. Avec le vieillissement de la population, un nombre croissant de personnes vivront une perte de vision, et la prévalence du SCB augmentera en conséquence. Pour une personne qui vit avec le SCB, apprendre l’existence de ce syndrome est rassurant. Comme un juste diagnostic améliore l’évaluation des besoins et la prise en charge, le repérage efficace du SCB apparaît indispensable. Or, il n’existe aucun outil de repérage du SCB qui soit validé et facile d’utilisation.

L’objectif du projet consistait à développer et à mettre à la disposition des intervenants et des chercheurs un outil de repérage du SCB multidimensionnel valide.

L’élaboration et la validation du questionnaire se sont appuyées sur une recension d’écrits, la consultation d’experts et une étude clinique impliquant 76 participants avec déficience visuelle.

Le questionnaire comporte un volet servant au repérage, dont les indices de sensibilité et de spécificité respectifs sont 1,00 et 0,77, et un volet servant à évaluer les besoins de la personne par l’examen de sept dimensions de son vécu en lien avec ses HV. Les cliniciens témoignent ainsi de l’utilité du questionnaire : le portrait de la situation qu'il procure permet de développer des plans d’intervention plus ciblés et mieux adaptés aux besoins de la personne.

Sa version dynamique en ligne facilite la tâche de l’intervenant en l’aidant dans sa prise de décision quant à la poursuite de l’investigation suite au repérage et en produisant un bilan des réponses et des notes saisies, qui est organisé par dimension.

Implantation d'un dépistage des difficultés sur le plan sexuel auprès d'une clientèle post-AVC en réadaptation : une étude qualitative


Louis-Pierre Auger1,2,3, Frédérique Courtois2,4, Johanne Filiatrault1,5, Evelina Pituch1,2, Annie Rochette1,2
1École de réadaptation, Faculté de médecine, Université de Montréal 2Institut universitaire sur la réadaptation en déficience physique de Montréal 3Hôpital de réadaptation Villa Medica 4Département de sexologie, Faculté des sciences humaines, Université-du-Québec-à-Montréal 5Centre de recherche de l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal

Introduction: L'accident vasculaire cérébral (AVC) peut causer des difficultés à participer aux activités sexuelles. Toutefois, les difficultés liées à la sexualité sont peu abordées dans le contexte actuel de réadaptation, malgré que la sexualité fasse partie des priorités des usagers en réadaptation post-AVC évoquées dans la littérature.

Objectifs: 1) décrire la faisabilité d'implanter un dépistage des difficultés sur le plan sexuel (DDPS) pour une clientèle en réadaptation post-AVC selon les usagers, les intervenants et les gestionnaires; 2) décrire les attentes et besoins liés à la sexualité chez les usagers post-AVC, 3) décrire les moyens d’interventions offerts par chaque discipline et la perception de leur effets chez les usagers.

Méthodes: devis longitudinal qualitatif. L’étude comprend une phase de pré-implantation (conception de protocoles, formation des intervenants, pré-tests) et une phase d’implantation du DDPS. Échantillon visé: 12 usagers post-AVC dépistés positivement; deux gestionnaires et 30 intervenants du programme AVC. L’implantation est documentée par consultation du dossier médical de tous les usagers post-AVC suivis durant l’implantation. La cueillette d’information liée aux autres objectifs est faite par entrevues. Les usagers et gestionnaires sont interviewés individuellement et les intervenants par «focus-groups» à la fin de l’implantation. Toutes les entrevues sont co-codées et analysées par thématiques selon le «framework approach». L’étude a obtenu l’approbation éthique d’un comité éthique de la recherche.
Résultats attendus: Application du DDPS à plus de 50% des usagers post-AVC, une meilleure connaissance des besoins et expériences des usagers, intervenants et gestionnaires dans l’application du DDPS. Méthode d'implantation qui pourrait être répliqué ailleurs et pour d'autres interventions.

Conclusion: Ce projet représente un moyen novateur de promouvoir l’intégration de la sexualité dans la réadaptation post-AVC.

Implantation multicentrique du Mayo-Portland Adaptability Inventory (MPAI-4) en réadaptation : suivi de l’évolution fonctionnelle chez une clientèle traumatisée craniocérébrale (TCC) adulte


Marie-Claude Guerrette1,2,3, Michelle McKerral1,2,3, Geneviève LaGarde1,2, Pierre Vincent1,2, Sandra Winter1,4, Rosa Minichiello1,5, Stéphanie Chayer6, Cliniciens/gestionnaires des Programmes TCC1,2,4,5,6
1Centre de recherche interdisciplinaire en réadaptation (CRIR), IURDPM 2CIUSSS CSMTL 3Département de psychologie, Université de Montréal 4CIUSSS COMTL 5CISSS Laval 6CISSS Lanaudière

Introduction : Cette présentation s’inscrit dans le cadre d’une démarche novatrice de transfert de connaissances en traumatologie, maillant clinique, gestion et recherche, jetant les bases d’une culture de mesure systématique de l’évolution en réadaptation et de la participation sociale des adultes en réadaptation post-TCC. Objectif : Établir un portrait de l’évolution fonctionnelle de la clientèle TCC selon le parcours de réadaptation post-aiguë (interne et/ou externe). Méthodologie : Le MPAI-4, qui comporte trois échelles (Capacités, Adaptation, Participation) donnant lieu à des index spécifiques et à un score total reflétant le niveau général d’adaptation/participation sociale, a été implanté dans les Programmes TCC des CIUSSS-CSMTL, CIUSSS-COMTL et CISSS-Laval. Le MPAI-4 a fait l’objet d’une traduction-adaptation au contexte québécois (McKerral et al., 2014; www.tbims.org/combi/mpai/). Une interface informatique a été créée pour intégrer en temps réel dans une base de données locale dans chaque site les mesures MPAI-4 recueillies. Résultats : Plus de 600 MPAI-4 ont été complétés dans l’ensemble des sites et les résultats obtenus montrent une amélioration significative des scores entre le début et la fin de la réadaptation. L'âge et la sévérité du TCC prédisent les scores MPAI-4 totaux en fin de réadaptation pour les usagers qui ont terminé leur réadaptation selon un parcours externe. Les scores initiaux aux sous-échelles permettent aussi de prédire les scores totaux en fin de réadaptation pour tous les usagers. Conclusion : Nous avons identifié des indicateurs qui prédisent le niveau général d’adaptation/participation sociale en fin de réadaptation. La prise systématique de mesures communes à l’aide du MPAI-4 dans plusieurs sites de réadaptation, peut aider à la prise de décision clinique spécifique à chaque usager, et nous permet de mieux comprendre l’évolution fonctionnelle des adultes TCC et les facteurs qui y sont reliés, ainsi que de poser un regard sur l’efficacité de la réadaptation.

Implication de l'équipe terrain NSA à l'URFI


Stéphanie Legault1, Julie Sauvé1, Véronique Fortin1
1CISSS de L'Outaouais

L'équipe terrain NSA implantée dans les deux hopitaux urbains de l'Outaouais l'a été  également à l'unité de réadaptation fonctionnelle (RFI) intensive à l'été 2017 suite à l'orientation de ne plus retourner d'usager à l'hôpital après la période de réadaptation et favoriser la réalisation des démarches pour un hébergement permanent d'un usager à partir du domicile.  Cette équipe est composée d'une travailleuse sociale de la direction DDIDPTSA et d'une travailleuse sociale de la DSAPA des équipes de soutien à domicile ainsi que de la coordonnatrice clinique de la RFI. Le rôle des TS est d'agir comme agent facilitateur et de liaison auprès de l’unité de réadaptation fonctionnelle intensive et du soutien à domicile, et ce, afin d’éviter les demandes de changement de milieu de vie en établissement et de favoriser la réintégration communautaire le plus tôt possible. Ces équipes travaillent à oprimiser les pratiques de planification précoce de congé, à harmoniser la pratique de la gestion du risque, à faire connaître l'offre des services en soutien à domicile et à mettre en place des corridors de services rapides et privilégiés pour les membres de l’équipe terrain en créant les partenariats nécessaires. Des mesures particulières de soutien dans la communauté ont pu être mises en oeuvre pour favoriser le retour à domicile avec les budgets octroyés dans le cadre de l'amélioration des délais d'attente en NSA. Ce travail de collaboration permet aux équipes de différents services de travailler en synergie pour améliorer la trajectoire de service à l'usager et de favoriser son retour à domicile le plus précocément possible. À ce jour, les résultats sont positifs sur la durée moyenne de séjour.

 

 

L'Autre défi


France Potvin1
1CIUSSS Saguenay-Lac-St-Jean - Centre de réadaptation Le Parcours - Fonds de dotation santé Jonquière

Se déroulant dans l’arrondissement de Jonquière (Saguenay) depuis 6 ans, cette marche rassemble plus de 300 participants ayant une déficience motrice ou sensorielle. Ils sont accompagnés par des membres de leur famille et par des intervenants du CRDP. Le défi est réalisé en équipe de 5 sur un parcours de 10 km. Chaque participant se fixe un objectif personnel qu’il peut réaliser à pied, avec ou sans accessoire de marche, en fauteuil roulant, avec un chien-guide ou même en quadriporteur. Il peut s’agir dans plusieurs cas d’objectifs de plan d’intervention des usagers.

Organisé en collaboration avec le comité de sport adapté du CRDP Le Parcours et le CIUSSS Saguenay-Lac-Saint-Jean cet événement mobilisateur et rassembleur pour le sport adapté a des retombées positives pour tous les participants et leur famille. En plus de favoriser l’intégration sociale, l’événement vise à amasser 25 000 $, somme qui permet l’acquisition d’équipements de sport adapté disponibles en prêt pour nos clientèles. Cet événement a permis d'ammaser au fil des années près de 130 000$. Ces équipements permettent aux usagers du CRDP Le Parcours de découvrir de nouveaux intérêts à la hauteur de leur capacité, d’essayer de nouveaux loisirs et de rendre le sport adapté plus accessible, afin de faciliter leur intégration dans la communauté.

L’Autre Défi se veut également une occasion de montrer à la communauté tout le potentiel des personnes qui présentent une déficience physique. Par cet événement, les organisateurs souhaitent sensibiliser les décideurs et les employeurs de la région au rôle qu’ils ont à jouer dans l’intégration et dans la participation sociale d’une personne vivant avec un handicap, en plus de faire connaître le soutien et l’accompagnement que peut offrir le CRDP Le Parcours dans ce contexte. Toute personne avec une déficience physique est invitée à participer.

L'évaluation des services surspécialisés en trouble grave du comportement: au-delà du transfert de connaissances


Geneviève Thibault1, Sonia Di Lillo1, Mauricio Londono2, Isabelle Brunet2, Pierre Vincent1,3
1P-TGC, CCSMTL 2DQEPE, CCSMTL 3UdeM

Introduction
Le P-TGC offre des services-conseil aux équipes qui réalisent des interventions auprès des personnes présentant un trouble du comportement lié à une lésion cérébrale. Ces services visent à amener les équipes à modifier leurs pratiques cliniques auprès des usagers concernés. 

 

Objectif 
Afin de perfectionner son rôle-conseil, le P-TGC a entamé une réflexion afin d’identifier les facteurs qui permettent aux équipes d’améliorer leurs pratiques et maintenir une prestation de services de qualité auprès des usagers. L’objectif était de répondre aux questions suivantes : Par ses interventions, le P-TGC a-t-il  une influence sur ces facteurs? Permet-il d’accompagner efficacement les équipes dans leur changement de pratiques?

 

Méthodologie
Une démarche d’évaluation de l’impact des interventions du P-TGC a été réalisée avec le soutien de l’équipe performance, analyse et évaluation de la DQÉPÉ.

 

Résultats
Trois nouveaux indicateurs ont été retenus afin d’évaluer l’impact des interventions du P-TGC : le développement des connaissances, le sentiment de confiance et le fardeau psychologique. Deux questionnaires ont été développés afin de mesurer ces indicateurs. Ces questionnaires sont basés sur des échelles validées existantes, mais ont été modifiés afin de mieux correspondre à la réalité du travail des intervenants auprès des usagers présentant un TGC. La démarche aura également permis de créer un tableau de compilation global des résultats.

 

Conclusions 
La démarche aura permis d’approfondir la réflexion sur les objectifs des interventions du P-TGC. À plus long terme, les résultats qui seront colligés permettront d’améliorer les formations et interventions offertes aux équipes. 
 

La grille de signalement et suivi GSS Readapt : Un outil de collaboration au service du continuum de réadaptation AVC


Lynda Cloutier1, Geneviève Gagnon1, Martin Turmel1
1CISSS Laurentides

 

Au Québec, la réadaptation précoce et spécialisée suivant un AVC est généralement offerte par différentes équipes à l'intérieur de différentes installations ayant leur propre processus d'admission. En phase de transition, cette situation peut entrainer des délais additionnels et bris de services difficiles à repérer en raison de l'utilisation de systèmes d'information clientèle différents d’un établissement à l’autre.

 

Dans la région des Laurentides, les chefs des programmes de réadaptation précoce et spécialisée ont conçu un outil simple (programme Excel) leur permettant de faire le suivi de leurs usagers ayant subi un AVC de leur hospitalisation jusqu’au congé de la réadaptation externe. La grille de signalement et suivi GSS-Réadapt est élaborée de façon à contenir des informations utiles et faciles à saisir permettant aux gestionnaires, coordonnateurs, agent de liaison et intervenants d’identifier et de suivre le parcours des usagers en réadaptation suivant un AVC. Les informations contenues à la GSS-Réadapt, compilées au quotidien, facilitent l’organisation au jour le jour des services de réadaptation et de transition à l’intérieur du continuum. Elle permet également le calcul quotidien de différents délais à rencontrer. Un rapport annuel réalisé à partir des données recueillies par la GSS-Réadapt permet de procéder à des ajustements à l’intérieur du parcours de réadaptation clinique des usagers.

 

La présentation démontre le fonctionnement de la GSS-Réadap et illustre le type d’informations qu’il est possible d’en extraire en suivant le parcours d’un usager. Les  facilitateurs et obstacles rencontrés dans l’élaboration de l’outil sont également abordés.

Le Congé Précoce Assisté - réadaptation fonctionnelle intensive dans le confort de votre foyer : une offre de service novatrice pour la clientèle AVC léger à modéré de Montréal


Odile Côté est la coordonnatrice cli1, Ivy Gumboc est la coordonnatrice c2
1Centre de réadaptation Lucie-Bruneau 2Hôpital Richardson

Le Congé Précoce Assisté est un projet pilote mis sur pied pour régler la situation des usagers en attente d’un niveau de soins alternatif en RFI interne. Le CPA, financé par le MSSS, permet la disponibilité de 10 lits supplémentaires. Le projet est implanté sur l’Île de Montréal par le CIUSSS Centre-Sud et le CIUSSS Centre-Ouest en partenariat avec différents acteurs du réseau dont 6 centres hospitaliers. La réadaptation à domicile pour la clientèle ayant subi un AVC léger à modéré est un concept qui a fait ses preuves ailleurs au Canada. Ce continuum de soins, recommandé par le Comité national de coordination pour la mise en œuvre du continuum AVC, est soutenu par des données probantes.

Le CPA a pour objectif d’offrir de la RFI à domicile de 24 à 48 heures post congé de l’hôpital ou d’un centre hospitalier de réadaptation. La coordonnatrice CPA rencontre les usagers avant qu’ils reçoivent leur congé afin d’offrir un service sans délai. L’usager reçoit des interventions du CPA par une équipe spécialisée pour une durée de 2 à 4 semaines (4 à 5 fois par semaine) selon ses besoins. La thérapie à domicile comporte plusieurs avantages : intervention dans des contextes réels facilitant la généralisation et le maintien des acquis, diminution des risques liés aux infections, augmentation de la qualité du sommeil favorisant la récupération, respect des données probantes quant à la plasticité cérébrale, etc.

Le CPA soulève également des retombées économiques et cliniques importantes sur 3 acteurs différents : les usagers, les proches et les intervenants. Des sondages remplis par les usagers sont donc d’une grande importance afin d’obtenir leur rétroaction quant à leur niveau de satisfaction et aux bienfaits du programme.

Le CPA a un énorme potentiel d’application et pourra éventuellement être implanté partout ailleurs dans la province de Québec.

Le KINAP : outil novateur de mesure de la KINésiophobie en Activité Physique.


Martine Desrosiers M. Sc.1, Manon Truchon Ph. D.2,3, Mélanie Couture M. Sc.1, Jean Leblond Ph. D.2
1Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale 2Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale (CIRRIS) 3Département de relations industrielles, Université Laval

Problématique : Quelques instruments sont à la disponibilité du clinicien pour mesurer la kinésiophobie en général, mais aucun ne l’évalue spécifiquement en lien avec des activités physiques et sportives. Le questionnaire KINAP a été développé pour orienter les interventions auprès de personnes en réadaptation ayant des peurs excessives liées aux activités physiques et sportives. Objectif : Présenter le KINAP et son utilisation par les kinésiologues du CIUSSS de la Capitale-Nationale (CIUSSSCN). Démarche : Le KINAP est initialement un instrument autoadministré constitué de photos de personnes pratiquant différentes activités physiques. L’usager doit coter sa perception de crainte pour chacune des images. Les données sont utilisées pour produire un rapport indiquant les pourcentages de craintes. Ces résultats facilitent la compréhension des comportements d’évitement et orientent le choix des interventions visant à diminuer la peur en lien avec les activités physiques et sportives. Les étapes de développement, l’utilisation et l’interprétation des résultats du KINAP sont détaillées dans un guide d’accompagnement. Les documents sont disponibles sur le site du CIUSSSCN  au https://www.ciusss-capitalenationale.gouv.qc.ca/kinap-evaluation-de-la-kinesiophobie.

 

Résultats : L’étude des qualités psychométriques du KINAP a démontré une fidélité modérée à excellente (r=0,74-0,94). Une analyse factorielle indique que les items du KINAP sont regroupés en six facteurs selon les régions corporelles. L’étude de la validité convergente, comparant le KINAP avec des instruments mesurant des concepts apparentés, suggère que l’instrument évalue spécifiquement la kinésiophobie dans les activités physiques et sportives. Toutefois, une confusion existe entre la perception de capacité et de crainte. Pour éviter une interprétation erronée, cette nouvelle version comprend deux questions pour chaque activité : l’une interrogeant la capacité et l’autre la crainte.

 

Application : Le KINAP est utilisé par les kinésiologues du CIUSSSCN œuvrant auprès d’une clientèle avec douleur chronique. Lors de notre présentation, nous utiliserons des histoires de cas interactives pour illustrer l’application du KINAP.

L’usager qui comprend ses habiletés visuelles: un dynamiseur de réadaptation!


Mathieu Carignan1,2, Marie-Claude Poulin-Parent1, Marie-Line Ouimet1, Julie Landry1
1CISSS Montérégie-Centre Installation Institut-Nazareth et Louis-Braille 2CRIR

Problématique : Les intervenants comprennent la vision de l’usager par des mesures objectives qui sont parfois complexes à saisir par ce dernier. L’enseignement des stratégies compensatoires aux déficits visuels est fait, mais n’est souvent pas suffisant pour changer le comportement chez l’usager. Sachant que l’on apprend mieux en expérimentant qu’en écoutant, l’objectif est l’exploration de pistes d’interventions technologiques pour améliorer la prise de conscience et la compréhension des déficits.   

Démarche : Via des projets innovants, une exploration de nouvelles approches d’intervention a permis d’expérimenter trois technologies différentes auprès d’une dizaine de participants par technologie. Les recrutements étaient effectués auprès des usagers actifs du programme Aînés de l’INLB à partir de leur projet de réadaptation. Au besoin, des disciplines étaient ajoutées au plan d’intervention ainsi que des mesures pré-post à ce qui aurait normalement été réalisé.

Le système Sanet Vision Integrator était utilisé pour le comportement d’exploration et le balayage visuel. Un écran tactile Lenovo était utilisé pour travailler la coordination œil-main des personnes ayant une atteinte de la vision centrale. Le système de suivi de regard Tobii permettait une rétroaction sur les comportements adoptés dans une situation de déplacement en milieu achalandé. L’approche interdisciplinaire dans ces trois projets était essentielle au bon fonctionnement.

Résultats et retombées : Après la résolution de problèmes technologiques, les usagers étaient majoritairement emballés. Cette approche permet une meilleure communication sur les forces et déficits de l’usager. Des prises de conscience importantes et un impact sur les interventions ont été constatés. Avec la compréhension de sa vision, l’usager acquiert de la confiance en ses capacités, ce qui influence habituellement positivement sa situation.

Potentiel d’application : Une réflexion pour les professionnels sur la façon dont ils  transmettent les informations concernant les déficits. Si la prise de conscience est clairement circonscrite, la réadaptation en est dynamisée.

Mémoire à court terme/Mémoire de travail chez l’enfant sourd profond muni d’un implant cochléaire: Contribution à la compréhension des difficultés cognitives des enfants sourds


Stéphanie Pouyat-Houée1,2, Christine GAUX2, Annick WEIL-BARAIS2
1Mutualité Française Anjou Mayenne 2Laboratoire de Psychologie des Pays de la Loire, Université d'Angers

L’ambition  de  la  thèse  est  de  contribuer  à  une  meilleure  compréhension  des difficultés  cognitives  rencontrées par les enfants sourds munis d’un implant cochléaire (IC). Elle présente une recension de  travaux et une étude originale concernant la mémoire à court-terme/mémoire de travail. Est évalué  l’apport  recommandé  de  la  lecture  labiale  et  des  clés  de  la  LPC  (Langue  Parlée  Complétée)  sur  le  rappel.
Une  série  d’épreuves  originales  de  rappel  immédiat  a  été  conçue  sur  support informatique.  Elle  comprend  des  tâches  contrastées  du  point  de  vue  de  la  nature  de  l’information  à  mémoriser  (spatiale vs verbale) et des modalités de présentation de l’information. Les épreuves ont été validées  auprès d’une population d’enfants normo-entendants  (NE)  (âgés de 6 à 8 ans, N=42). Les  réponses  d’enfants IC  (N=14) ont été comparées à celles d’enfants NE, sur la base de la constitution de deux  groupes appareillés selon les critères d’âge, de sexe et d’aptitude intellectuelle.
Pour  les  deux  groupes,  le  rappel  immédiat  est  meilleur  pour  les  informations  visuo-spatiales.  Les  informations  verbales  sont  moins  bien  retenues par  les  enfants  IC. Contrairement  aux  attentes,  l’apport de la LPC, spécifiquement dans la modalité verbale, ne conduit pas à une augmentation des  performances des enfants sourds. L’analyse de l’ordre de rappel des items ne fait pas apparaître de  difficulté  spécifique.  En  revanche,  la longueur  des  listes  est  préjudiciable  en  verbal.  L’analyse  des  erreurs  atteste  de leurs  difficultés  au  plan  des  connaissances  langagières.  Une  analyse  fine  des performances  individuelles  montre  des  profils  différenciés  attestant  de  la  singularité des  modes  d’adaptation des enfants sourds IC.

Mieux comprendre et accompagner le trouble développemental de la coordination (TDC) : développement d'une trousse d'outils novateurs


Caroline Doyon1, Marie-Eve Langevin1, Julie Ferland1, Isabelle Demers1, Marie-Élaine Guay1, Hubert Gascon1, Line Charron1, Anne-Marie Vincent1, Louise Audet2, Suzanne Boucher2, France Léger2, Martine Lemieux2, Élène Léveillé2, Julie Morel2, Chantal Richer2, Anne Bourassa3, Nancy Benoit3, Caroline Drolet3, Maude Garant3, Judith Lavoie3, Marc Perrron3, Jocelyn Chouinard4, Simon Laprise4, Jonathan Tremblay4
1CIUSSS de la Capitale-Nationale 2CIUSSS de l'Estrie – CHUS 3Soutien technique et méthodologique du CIUSS de la Capitale-Nationale 4Soutien technique et méthodologique du CIUSSS de l’Estrie-CHUS

Introduction/objectifs. L'exposé présentera une pratique novatrice issue d'une étroite collaboration entre le CIUSSS de la Capitale-Nationale (IRDPQ) et le CIUSSS de l'Estrie – CHUS (CRE). Cette pratique implique la création d'une trousse d'outils d’information et d’intervention conçue pour répondre aux besoins des enfants âgés de 5 à 12 ans qui présentent un trouble développemental de la coordination (TDC) et à leur famille.

Méthodologie. La démarche a suivi les étapes d'une pratique de pointe.  1) revue de la littérature scientifique; 2) recensement des outils existants 3) Identification des éléments manquants et création des nouveaux outils; 4) réalisation d’un projet de recherche associé; 5) évaluation d’implantation dans les deux organisations partenaires; 6) mise à jour de la trousse découlant des recommandations de l’évaluation.

Résultats obtenus. La trousse est utilisée par les équipes de réadaptation des deux établissements et ces dernières constatent des effets positifs sur l'intervention avec les familles. Des moyens sont prévus afin d’assurer la pérennité de cette trousse. Des résultats préliminaires de la recherche montrent que les outils de la trousse ont permis : 1) aux familles et au milieu scolaire d'avoir une meilleure compréhension du TDC; 2) aux parents de développer des attitudes mieux adaptées aux capacités de leur enfant. Cette pratique novatrice fait l'objet de plusieurs formations réseau dans l'ensemble du Québec. Plus de 100 intervenants ont été formés jusqu’à ce jour et le taux de satisfaction face aux apprentissages et au contenu est d’une moyenne de 90%.

L’originalité de ce projet tient au fait : 1) qu’il n’existe aucune trousse similaire ailleurs au Québec; 2) que la démarche, réalisée en partenariat inter établissements, s’appuie à la fois sur : les connaissances issues de la littérature récente; l’approche de l’usager partenaire; les plus récentes approches en réadaptation; l’évaluation, dans une perspective d’évaluation formative.

Organisation du continuum et de la dispensation des services aux enfants âgés de 2 à 9 ans présentant un trouble développemental du langage (trouble primaire du langage)


Annie Tessier1, Sylvie Valade1
1INESSS

L’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) a réalisé des travaux en vue de déterminer les composantes d’un continuum de services optimal, où le cheminement clinique des enfants âgés de 2 à 9 ans présentant un trouble développemental du langage sera fluide et harmonieux. Deux principales questions soutiennent cet objectif. La première se penche sur les éléments organisationnels du continuum de services à privilégier pour leurs effets positifs sur l’accessibilité et la continuité des services. La seconde oriente la recherche sur les modalités d’intervention à retenir, en raison de leur efficacité.

Les données scientifiques provenant d’une quarantaine d’études ont surtout servi à étayer des réponses à la question relative aux modalités de services à privilégier auprès des enfants présentant un tel trouble. Parallèlement, la recherche de la littérature grise est effectuée en consultant des sites internet d’agences, d’organismes, d’associations et d’institutions, de même qu’en compulsant des documents gouvernementaux provenant du Royaume-Uni, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de la France et des autres provinces et territoires canadiens. Les bases de données clinico-administratives québécoises fournissent, quant à elles, des informations sur l’organisation actuelle des services. Les consultations des divers acteurs québécois et canadiens concernés par la problématique complètent la collecte de données et permettent de comprendre le contexte actuel de la dispensation des services aux enfants ayant un trouble développemental du langage, d’analyser la pertinence, l’applicabilité et la mise en œuvre de certaines interventions, de saisir les enjeux sociaux, les valeurs sociétales ainsi que certains aspects économiques.

Ainsi, l’INESSS propose treize recommandations qui reflètent la synthèse des informations issues de ces diverses sources. Les recommandations touchent d’une part les éléments organisationnels à privilégier et d’autre part les modalités d’intervention à mettre en place dans le cadre du continuum de services destinés aux enfants ayant un trouble développemental du langage.

Outils et support clinique pour la clientèle aphasique


Diane Aspirot1, Julie Cossette2, Marie Plante3, Fanny Aillerie4
1CISSSMO 2CISSSMO 3CISSSMO 4CISSSMO

Problématique: Nous reconnaissons les difficultés que peuvent éprouver certains intervenants à comprendre et interpréter les messages verbaux des usagers sévèrement atteints sur le plan de la communication. L’intervenant peut donc mésinterpréter des éléments importants à considérer. L’usager lui, peut ressentir de la frustration face aux bris de communication qui peuvent entrainer l’isolement, le découragement et la perte d’intérêt.

Objectifs: Fournir des outils facilitant la communication pour la clientèle aphasique dans les équipes URFI et externes adultes de la DPD du CISSSMO.

Méthode: Un comité composé d’orthophonistes, d’une coordonnatrice clinique et d’un chef de programme a été formé pour proposer des moyens concrets basés à partir de banques de pictogrammes reprenant : les activités de la vie quotidienne, les besoins de base, les besoins relationnels, les émotions, le schéma corporel et les échelles d’intensité (fatigue, énergie, douleur). Ces outils devaient être pratiques, simples, utilisables dans tous les milieux et à la portée de tous les d’intervenants.

Résultats: Nous avons produit une trousse plastifiée regroupant les différents thèmes. Aussi, un résumé concis des différents types d’aphasie y est présenté afin d’aider les intervenants à bien en saisir les principales manifestations.  Nous avons également fabriqué une affiche appelée « Communication efficace » regroupant les principales stratégies pour optimiser la communication. Les orthophonistes du comité ont présentés aux différentes équipes le fruit de leur travail. Elles ont démontré les outils et leurs applications tout en sensibilisant les équipes à l’importance d’une communication optimale et à la reconnaissance des capacités de l’usager à communiquer ses besoins. Cette trousse sera déployée dans toutes les équipes URFI et externes adultes de la DPD du CISSSMO.

Applications: Ces outils peuvent être utilisés en tout temps, par tout type de professionnel œuvrant auprès des personnes aphasiques ainsi que par leurs proches afin d’optimiser la communication en toutes circonstances.

Partenariat de services en réadaptation post-AVC


Isabelle Duranceau1, Stéphanie Laurin1
1CISSS de Laval

En 2017, le CISSS Laval a mis en place un partenariat novateur entre l’équipe du SAD DI-TSA -DP et l’équipe du Programme de réadaptation post-AVC. Ce projet s’inscrivait  dans le cadre du Plan de développement pour le soutien à domicile, ainsi que dans le cadre des travaux liés au Plan biennal (2016-2018) du Continuum de service pour les personnes à risque de subir ou ayant subi un accident vasculaire cérébral.

 

En 2015-16, la durée moyenne de séjour en RFI interne était élevée (58 jours), ce qui occasionnait un long délai d’attente pour une admission en RFI interne (4 jours).

Les objectifs du projet visaient donc à :

-Favoriser un retour à domicile sécuritaire dans les meilleurs délais

-Favoriser une meilleure collaboration entre l’équipe du SAD et l’équipe de réadaptation

-Offrir des services de réadaptation complémentaires (interne / externe / domicile), selon les besoins du client

-Augmenter le nombre d’usagers suivis en SAD

 

Le projet s’adresse à tous les usagers âgés de moins de 75 ans, ayant subi un AVC.  Deux intervenants du SAD y sont impliqués : une ergothérapeute et une TRP.  L’ergothérapeute agit à titre d’intervenante pivot, collabore à la planification du congé de l’interne et participe à toutes les rencontres d’équipe organisées au Centre de réadaptation, dont le PII.  La TRP collabore principalement avec l’équipe de réadaptation externe alors qu’elle procède à l’entraînement des déplacements et transferts à domicile.

 

Pour l’année 2017-18, nous constations une DMS moyenne de 36 jours, soit une diminution de 22 jours. Ce projet a permis une réelle intégration du travail des deux équipes impliquées ainsi qu’un partage de cultures.  Pour la région de Laval, le principal défi qui demeure concerne la clientèle âgée de plus de 75 ans. Nous désirons que cette clientèle puisse aussi bénéficier des impacts positifs d’un tel partenariat !

Partenariat novateur pour mieux desservir la clientèle TCCL en Chaudière-Appalaches


Julie Bergeron1, Dominique Lemay1
1cisss de chaudière-appalaches

Problématique : Le programme TCCL a développé  un modèle d’intervention qui est le suivi/dépistage et la réadaptation. Suite à des communications avec nos partenaires, nous avons observé des lacunes dans la compréhension de l’offre de service régionale en TCCL . Ainsi nous avons  identifié : 
•    Une méconnaissance des signes probants permettant de dépister le TCCL et de l’offre     de service du programme TCCL (suivi/dépistage et réadaptation). 
•    Un déséquilibre dans l’offre de service sur le plan régional au CISSS de Chaudière-Appalaches (références variables et non optimales). 
•    Une sous-utilisation et une méconnaissance de l’expertise professionnelle du     programme TCCL. 
•    Une surutilisation des services de première ligne pour la clientèle présentant des     problématiques persistantes suite au TCCL. 

 

Objectifs : En partenariat avec le comité de traumatologie de la région nous avons développé des capsules informatives dans l’objectif de diminuer les impacts du TCCL sur la clientèle qui n’est pas ou tardivement référée au programme TCCL.    


Méthodologie : Les capsules sont réparties en quatre thèmes:
•    Le diagnostic du traumatisme craniocérébral léger; 
•    Le dépistage à la suite d’un traumatisme craniocérébral léger; 
•    Le rôle du médecin de famille dans le suivi du traumatisme craniocérébral léger; 
•    La réadaptation des symptômes persistants.
 

Résultats et retombés : Les activités mises en place pour développer les capsules ont des répercussions positives avec nos partenaires et les communications sont plus fluides. Nous croyons que lorsque les capsules seront diffusées (été 2018), la connaissance commune, la collaboration et l’intégration des services étant optimisée, la population de Chaudière-Appalaches sera mieux desservie.
 

Potentiel d’application : Les quatre capsules peuvent être visionnées en tout temps et un aide mémoire est inclus. Deux formulaires de référence sont facilement accessibles et simples à remplir.

Pour tout savoir sur la dystrophie musculaire oculopharyngée : un document interdisciplinaire à portée de mains


Danielle Nadeau1, Benjamin Gallais1, Chantal Sylvain1
1Université de Sherbrooke

Problématique

La dystrophie musculaire oculopharyngée (DMOP) est l’une des maladies dites « rares » transmises à partir de région à effet fondateur comme le Saguenay Lac-St-Jean. Les professionnels œuvrant en réadaptation ailleurs au Québec peuvent néanmoins être confrontés à cette clientèle qui expérimente au quotidien l’impact biopsychosocial et environnemental des symptômes et manifestations de la maladie. Ces personnes atteintes se retrouvent parfois incomprises avec le vécu de cette maladie, par manque de ressources professionnelles suffisamment renseignées. Les professionnels de la santé et des services sociaux doivent avoir accès à des informations pertinentes pour pouvoir offrir à cette clientèle un accompagnement adapté à leurs nombreux besoins, mais plusieurs lacunes sont notées dans les écrits scientifiques. 

Objectif 

Développer un document d’information iinterdisciplinaire sur la DMOP à l’intention des professionnels de la réadaptation qui souhaitent se renseigner sur les symptômes, manifestations et impacts de la maladie. 

Méthodologie 

Quatre étapes ont été réalisées 

1) revue systématique de la littérature 

2) analyse secondaire d’une base de données cliniques 

3) entrevue exploratoire (n=4) avec des personnes atteintes 

4) synthèse des informations 

Caractère novateur 

Un transfert de connaissances récentes en lien avec une maladie méconnue dont l’incidence est de 1 : 1 000 au Québec. 

Résultats et retombées

La recherche exhaustive à partir de 3 sources de données, dont la prise en compte du point de vue de personnes atteintes de DMOP, a permis d’analyser et d’intégrer dans un court document des informations pertinentes pouvant servir de prémices à des interventions professionnelles adaptées à la clientèle aux prises avec la DMOP.

Potentiel d’application 

Les professionnels en réadaptation pourront en prendre connaissance et l’utiliser pour être davantage informés sur les impacts multi-systémiques de la maladie et ainsi être en mesure de collaborer aussi bien avec leurs partenaires de soins qu’avec les personnes atteintes pour un accompagnement adapté. 

Programme de la douleur chronique : amener le client à faire autrement et intégrer les acquis dans son mode de vie.


Christine Mills1, Julie Cossette2
1Cisss montérégie ouest 2Cisss montérégie ouest

Le programme de douleur chronique a pour finalité de réduire l’impact de douleur sur le fonctionnement global des usagers par une auto-prise en charge de la douleur. L’enjeu majeur est l’intégration et le maintien, au-delà du groupe, des stratégies et modifications d’habitudes amorcées.

Une évaluation du programme a permis une mise à jour des enseignements, l’exploration d’activités et d’outils divers ainsi que de notions essentielles au changement d’habitudes pour la clientèle. De nombreux ajustements et améliorations ont été effectués afin de mettre l’emphase sur l’intégration dans le quotidien et la communauté favorisant la pérennisation des acquis.

Parmi les enseignements effectués, les modifications ont permis d’aborder la gestion des émotions et la restructuration cognitive, le faire autrement, l’impact de la douleur sur la sexualité, l’intégration dans la communauté pour le maintien des saines habitudes de vie, ainsi qu’une séance sur la physiologie de la douleur et le soutien pour les proches du client.

Récemment, nous avons inclus une présentation des représentants de l’association douleur chronique et de la fibromyalgie afin de permettre aux clients d’établir un lien avec ces organismes et la connaissance des services offerts favorisant ainsi le maintien de leur niveau d’activation ainsi que le support aux proches. 

Au plan de l’activation physique, en plus des programmes spécifiques à chacun, plusieurs modalités sont explorées permettant aux usagers de trouver une activité qui s’intègre dans le quotidien des clients.  Séance en piscine, yoga sur chaise,  Tai-chi et Qi gong, marche extérieure dans des parcs municipaux sont effectués et permettent aux clients d’intégrer les stratégies de gestion de la douleur, de l’énergie et d’appliquer les principes d’hygiène posturale.

Tous ces éléments faciles à intégrer apportent une plus-value incontestable au client.

Notre programme a reçu une mention spéciale et fut cité comme pratique exemplaire lors de la visite d’Agrément Canada fin 2017.

Programme TranXition : Nouveau paradigme de réadaptation extrême pour l’intégration des jeunes comme citoyens actifs


Virginie Cousineau1, Isabelle Cormier1
1Centre de réadaptation MAB-Mackay du CIUSSS du Centre-Ouest-de-Montréal

Problématique: Les meilleures pratiques en matière de programmes soutenant la transition des jeunes de l’école vers la vie active recommandent l’intégration d’expériences de vie en milieu communautaire afin de soutenir le développement de leur autonomie. Aucun processus standardisé n'a encore été identifié. Le Programme TranXition du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal vise ainsi à faciliter l’intégration sociale de jeunes de 15-25 ans ayant une déficience physique en les exposant à une variété de défis hebdomadaires dans leur milieu de vie en préparation à une aventure significative ultime, tel un séjour/voyage de groupe à l’extérieur de Montréal, afin de les aider à développer les compétences fonctionnelles et sociales nécessaires pour devenir des citoyens actifs.

Objectifs: La communication vise à présenter la structure actuelle du Programme TranXition, notamment : les rôles et responsabilités de l’équipe multidisciplinaire et des patients partenaires, la trajectoire des jeunes dans le programme et la nature des activités, les objectifs et résultats attendus des interventions, et les outils privilégiés pour les mesurer.

Méthodologie, démarche ou stratégie utilisée (caractère novateur): Dans le but d’orienter son offre de services, l’équipe clinique a dirigé un processus d’identification des meilleures pratiques auprès de centres de réadaptation au Canada (n=4) et a mené un groupe de discussion sur les besoins des parents et enfants visés par le programme (n=12). Le processus de benchmarking et de consultation des patients partenaires se poursuit.

Potentiel d’application (et généralisation): Le Programme TranXition intègre les expériences telles que vécues en milieu de vie au sein de ses services de réadaptation afin de faciliter la transition de l'école vers la vie active. Par conséquent, TranXition contribuera à sortir la réadaptation des murs des établissements de réadaptation pour se lancer dans des défis réels et dans une approche qui reconnaît les forces des jeunes comme participants actifs à la société.

Programme Vision Carrières


Nathalie Thibeault1, Louise Legault2
1CISSS Montérégie Centre, installation Institut Nazareth et Louis Braille 2Montréal Relève

Le projet Vision Carrières, débuté en 2013, s'inscrit dans un partenariat entre l'organisme Montréal Relève, le CISS de la Montérégie Centre (installation INLB) et la Fondation En Vue.

 

Ce programme s'adresse aux usagers qui reçoivent des services de réadaptation à l'Institut Nazareth & Louis Braille dans le programme Enfance-Jeunesse ou dans celui de Réadaptation au travail. Pour y participer, l'usager doit être atteint de déficience visuelle et être étudiant en 3e ou 4e secondaire ou participer à une démarche d'orientation de carrières (en cours ou terminée) au programme de Réadaptation au travail.

 

Dans le cadre du programme Vision Carrières, l'usager est appelé à vivre cinq jours d'exploration de carrières dans un domaine pour lequel il a de l'intérêt afin de mieux connaître un secteur d'activité. L'usager aura l'opportunité de mettre en valeur ses compétences, de développer son autonomie et ses capacités à exercer un travail, de valider la faisabilité d'une profession, de se développer un réseau de contacts en plus de vivre, pour certains, une première expérience en dehors du milieu scolaire et familial. Pour les parents des participants, Vision Carrières représente un coup de pouce à l'autonomie de leur enfant ainsi qu'une meilleure connaissance des possibilités offertes et possibles pour leur enfant.

 

Les participants reçoivent des services de réadaptation pour faciliter leur semaine de stage. La conseillère en orientation guide les usagers dans leur choix de carrières afin d'orienter le stage, la psychoéducatrice travaille la préparation aux stages et le développement des capacités de travail, le spécialiste en orientation et mobilité familiarise l'usager à son milieu de travail et au trajet à effectuer pour s'y rendre et la spécialiste en réadaptation en défience visuelle aide à l'adaptation du poste de travail et à l'efficacité au travail.

 

Depuis 2013, le projet a reçu une trentaine de participants.

Projet d’évaluation des technologies et des modes d’intervention sur les pratiques d’intervention auprès des personnes ayant une lésion cérébrale et un trouble d’utilisation des substances dans les milieux de vie


Dominique Bélanger1, Christine Maltais1
1CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal

Problématique

Intervenir auprès des personnes ayant une lésion cérébrale et un trouble d’utilisation des substances constitue un défi complexe pour les intervenants, les gestionnaires et les chercheurs du réseau de la santé et des services sociaux. Quelles sont les meilleures pratiques à mettre en place dans les milieux de vie destinés à ces individus?

 

Objectifs

L’objectif de la présentation est d’illustrer à l’aide d’un exemple concret tiré du projet sur les interventions auprès des personnes ayant une lésion cérébrale et un trouble d’utilisation des substances, ce qu’est une évaluation des technologies et des modes d’intervention (ETMI), comment elle peut être mise au service des besoins cliniques, et les défis que soulève cet arrimage au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

 

Démarche novatrice

Afin d’éclairer les décideurs sur des problématiques aussi complexes et comportant plusieurs enjeux, l’ETMI constitue une démarche concrète d’aide à la décision qui s’appuie sur l’analyse d’un corpus de textes scientifiques, de même que du contexte et des enjeux dans les milieux de pratique. Le CIUSSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal propose un modèle novateur de fonctionnement afin de mener à bien les ETMI tout en conservant l’expertise spécialisée dans les instituts universitaires. L’unité transversale d’ETMI fournira soutien méthodologique, mentorat et outils au personnel désigné par l’Institut universitaire sur la réadaptation en déficience physique de Montréal afin d’assurer une réalisation rigoureuse et de qualité. En raison du sujet, ce projet sera aussi mené en collaboration avec l’Institut universitaire sur les dépendances.

 

Résultats:

Cette synthèse permettra d’élaborer des constats ou recommandations contextualisées aux besoins des personnes ayant une lésion cérébrale et un trouble d’utilisation des substances en milieu de vie dans nos réseaux de services.

 

Potentiel d’application:  

Les équipes concernées ainsi que d’autres milieux ayant des besoins similaires pourront s’appuyer sur ces résultats afin d’éclairer leurs décisions et développer leur programmation clinique.

Projet innovant pour développer l'organisation spatiale des enfants en cécité


Marie-Julie Pinet1, Claude Chapdelaine2
1CISSS Montérégie Centre (INLB) 2Centre de recherche en informatique de Montréal (CRIM)

Il y a quelques années, des professionnelles de l’INLB œuvrant auprès des enfants ont constaté qu’il y avait plusieurs jeunes en cécité, qui avaient des difficultés à développer leur autonomie dans leurs déplacements. Ces mêmes jeunes avaient également des difficultés à intégrer certains concepts de l’organisation spatiale comme l’orientation, la latéralité ainsi que la conscience corporelle. L’acquisition de ces concepts étant primordiale pour le développement de l’orientation et de la mobilité, il devenait donc très important pour les professionnels de s’assurer du développement de l’organisation spatiale dès le plus jeune âge chez les enfants en cécité. Un comité de travail a été mis en place et c’est alors que l’idée de créer un jeu vidéo a émergé. L’équipe de l’INLB a approché l’équipe du CRIM et nous avons pu mettre à profit nos expertises et créer le projet JAPE. Ce jeu vidéo, qui utilise une technologie semblable à la Kinect, permet d’offrir un service de réadaptation innovateur,  stimulant et accessible pour les enfants de 4 à 5 ans atteints d’une cécité. Son environnement est flexible, il retourne au professionnel des données sur la performance de l’enfant lui permettant de bien identifier les besoins. Il peut alors adapter les séances de jeux aux apprentissages spécifiques de chaque enfant et ainsi suivre l’évolution et l’impact de la réadaptation. Il permet également aux parents de suivre l’évolution de leur enfant et de participer à ces apprentissages. À notre connaissance, il existe peu de jeu impliquant la technologie en réadaptation et encore moins pour des enfants atteints d’une déficience visuelle. Pour nous cette avenue est très prometteuse et c’est pourquoi nous serions fiers de présenter notre projet JAPE.

Projets-pilotes en suppléance à la communication orale et en systèmes de contrôle de l'environnement


Danie Lavoie1, Claude Nadeau2
1Ministère de la Santé et des Services Sociaux 2Programme ministériel des aides techniques à la communication - Hôpital Marie-Enfant CHU Ste-Justine

Projets-pilotes en suppléance à la communication et en système de contrôle de l’environnement

En 2014, les travaux menés dans le cadre de la Veille stratégique sur les aides techniques en collaboration avec le CIUSSS de la Capitale-Nationale a permis au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) de rehausser l’offre du programme ministériel d’aides techniques à la communication (PMATCom). Le MSSS intègre depuis 2014 l’utilisation de certains modèles de tablettes et d’applications en tant qu’aides techniques de suppléance à la communication orale. 

En mai 2018, en partenariat avec le PMATCom et la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ), le MSSS y ajoute les systèmes de contrôle de l’environnement de nouvelle technologie sur appareil numérique et au moyen de technologie infra-rouge ou accès Bluetooth des fauteuils roulant à propulsion motorisée, bonifiant ainsi l’offre d’aides techniques aux personnes ayant une déficience dans les établissements de santé et des services sociaux.

Ces appareils, composants ou compléments permettent de contrôler par un doigt ou par la voix certaines fonctions d’appareils électriques ou électroniques essentiels à l’autonomie de base dans un domicile, facilitant le quotidien. Ce projet rend le Québec unique et novateur dans sa façon de répondre aux besoins des personnes handicapées en rendant accessible gratuitement par des prêts ces innovations technologiques à des personnes qui en ont besoin mais qui ne peuvent se les procurer.  Cela inclut notamment les aides techniques relatives aux systèmes de montage et aux modes d’accès à la tablette, au téléphone mobile, au téléphone adapté et à l’ordinateur.

La présentation fournit un aperçu des impacts cliniques, fonctionnels et financiers à mi-parcours découlant de l’utilisation et de l’intégration dans les programmes de ces nouvelles technologies pour les personnes qui y ont eu recours ainsi que le processus d’opérationnalisation du projet-pilote en lien avec la veille stratégique.

 

 

 

Protocole d'évaluation adapté en neuropsychologie


Guylaine Duchesneau1, Élisabeth Thibaudeau1
1CIUSSS de la Capitale-Nationale (IRDPQ)

 

De nombreux défis peuvent se présenter en contexte d’évaluation neuropsychologique auprès d’usagers ayant subi des lésions cérébrales. Ainsi, des atteintes cognitives massives, de même que des déficits sensoriels consécutifs aux lésions cérébrales peuvent grandement limiter l’utilisation des tests usuels en neuropsychologie.

 

C’est dans ce contexte qu’un protocole d’évaluation adapté a été créé afin de permettre de contourner certaines limites des tests usuels. Ainsi, il y a peu de mesures existantes pour de telles clientèles et ne pas avoir accès aux réelles capacités d’un usager peut biaiser grandement le plan de réadaptation.

 

Parmi les tâches créées, certaines constituent des adaptations de certaines mesures déjà existantes en neuropsychologie. D’autres tâches sont inspirées de modèles cognitifs ou de paradigmes courants en neuropsychologie.

 

Jusqu’à présent, le protocole d’évaluation adapté a été utilisé auprès de 2 personnes ayant subi un TCC grave pour lesquelles les mesures habituelles ne pouvaient être utilisées de façon standard. Sans l’utilisation du protocole, la préservation de certaines fonctions aurait été masquée par les importantes limitations sensorielles qui affectaient autant les modalités d’entrée que de sortie (par exemple incapacité à parler et à utiliser de façon fonctionnelle les membres supérieurs). En permettant une meilleure évaluation, les forces relatives ont pu être mises en lumière et ainsi guider l’équipe de réadaptation dans les interventions à privilégier.

 

Nous espérons donc que ce protocole puisse être utile dans d’autres contextes d’évaluation neuropsychologique où les limitations en jeu restreignent l’utilisation de mesures usuelles.

 

Il est souhaité que le partage de cet outil puisse alimenter les échanges entre les cliniciens travaillant auprès de la clientèle ayant des atteintes cognitives et sensorielles importantes.

 

Cette batterie pourrait d’ailleurs être bonifiée au fil du temps par le développement d’autres mesures adaptées en fonction des divers enjeux rencontrés.

Révision de l'organisation des services en DI-TSA-DP afin d'intervenir plus précocément sur le développement des enfants 0-7 ans


Nathalie Magnan1, Véronique Lévesque1, Anne-Élisabeth Viel1, Annie Brouillard1, Marie-Hélène Morin1, Rina Dpont1, Josée Vallerand1, Julie charette1
1CIUSSS MCQ

Problématique

Fusion de 2 centres de réadaptation DP et DI-TSA  et 8 points de services en CSSS ayant des structures et offres de services différentes pour le développement des enfants 0-7 ans;

Augmentation de la clientèle en services spécialisés mesurée sur 3 ans à 38,3 %;

En l’absence de diagnostic précis, l’enfant attend à plusieurs moments;

L’âge moyen lors la première référence pour un service spécifique= 2 ans et demi;

Ils attendent plusieurs mois pour un premier service spécifique;

Les enfants sont davantage évalués qu’en intervention;

Le « coaching parental » est peu utilisé et il n’y a pas d’intervenant de référence présent tout au long du parcours 0-7 ans.

Objectif(s)

Augmentation la satisfaction des parents quant à l’accès aux services ;

Attribution un intervenant pivot qui devient la personne de référence tout au long du parcours 0-7 ans et assure le « coaching parental ».

Organisation cohérente, continue et harmonisée des services DI-TSA-DP;

Dispensation des services selon les meilleures pratiques cliniques et scientifiques;

Intervenir précocément et mise en place d’évaluation dynamique : réduire le nombre d’évaluations et les goulots d’attente;

Améliorer l’arrimage et  l’implication des médecins;

 

Méthodologie :  3 kaizen et outils lean utilisés / suivi de l’implantation en continu dans les équipes

Résultats et retombées :

 

-100% des  parents se sont vu assignés un intervenant pivot;

-Satisfactions d’usagers et partenaires concernant les courts délais et la qualité des services  (nommées à Agrément Canada).

- Pédiatres dédiés pour contribuer à l’évaluation diagnostic.

-Après 6 mois d’implantation : 261 enfants ont reçu de l’intervention précoce.  31% ont été orientés vers les services requis.

La durée moyenne du service « intervention précoce, évaluation dynamique » = 4.13 mois.

 

Potentiel d’application : Ce modèle d’organisation de service novateur peut très bien être appliqué dans les autres CISSS et CIUSSS du Québec

Signes précoces des troubles du spectre de l'autisme chez de jeunes enfants déficients visuels


Laura LATOUR1
1IRSAM - Institut d'éducation sensorielle Les Primevères Lyon, France

Les recherches précédentes et les observations cliniques suggèrent une prévalence élevée des troubles du spectre de l'autisme (TSA) dans la population d'enfants déficients visuels. Un phénomène de régression ou de stagnation développementale dès la deuxième année de vie des bébés déficients visuels semble être un précurseur de troubles autistiques ultérieurs. Relativement peu de recherches ont examiné les manifestations comportementales des très jeunes déficients visuels avant et autour de l'apparition de cette période de régression. Pour cette étude rétrospective, des films familiaux d'enfants aveugles à l'âge de 12 mois, de 24 mois et entre 3 et 4 ans, sont analysés et les comportements de la communication sociale codifiés, afin de repérer des signes précurseurs des TSA. Des films d'enfants aveugles ayant un diagnostic ultérieur de TSA ont été comparés aux films d'enfants aveugles sans TSA. Les résultats indiquent une fréquence moins élevée chez les enfants ayant un diagnostic de TSA de certains signes de la communication sociale dès l'âge de 12 mois, avec des différences très marquées pour les comportements d'ouvertures sociales. D'importantes différences du langage fonctionnel sont observées à partir de l'âge de 24 mois. Des stéréotypies motrices et langagières sont observées à fréquence égale dans les deux groupes jusquà 3 ans mais ensuite diminuent chez les enfants sans troubles associés et augmentent chez les enfants avec TSA. Des différences dans le type d'activité ludique sont aussi observées, les jeux sensoriels étant plus fréquents chez les enfants aveugles avec TSA. Certains comportements de rejet social et de particularités sensorielles sont observés uniquement chez les enfants aveugles avec TSA. Ces résultats pourraient contribuer à une meilleure compréhension des signes autistiques chez les personnes aveugles, l'amélioration du dépistage  des TSA chez les très jeunes enfants déficients visuels, et peuvent guider des dispositifs d'intervention précoce.

Tableau indicateur de configurations des aides à la mobilité facilitant les projets d’adaptation de véhicule.


Aude Eymery1, Louise Bélanger1
1CIUSSS-CN (IRDPQ)

L’attribution de l’aide à la mobilité (AAM) et l’adaptation du véhicule ne peuvent pas toujours se faire simultanément, rendant difficile l’arrimage du choix de l’AAM avec celui des adaptations requises dans le véhicule.

Le roulement de personnel amène également une perte de sensibilité aux enjeux se vivant dans chaque programme.

Il arrive donc que le projet d’adaptation de véhicule d’un client soit compromis ou retardé en raison de la configuration et/ou des dimensions de l’AAM attribuée. Les modifications alors requises amènent des délais supplémentaires à une démarche déjà longue.

De ces problématiques est né un tableau indicateur des configurations des AAM facilitants les projets d’adaptation de véhicule.

 

Objectifs poursuivis:

Fournir aux ergothérapeutes du programme des aides techniques (PAT) une fiche technique facilitant le choix du modèle et de la configuration de l’AAM au moment de son attribution;

Créer un outil perdurant dans le temps;

Réduire les situations où des modifications doivent être apportées aux AAM déjà attribuées, pour ne pas retarder les démarches d’adaptation de véhicule;

Maintenir une préoccupation des normes WC19 et ISO 7176 au moment de l’attribution de l’AAM pour les clients non transférables.

 

Méthodologie :

Établissement par le programme de conduite automobile d’un tableau regroupant les configurations/dimensions à privilégier pour chaque type d’AAM, selon le type de véhicule possédé ou envisagé pour le client et les capacités fonctionnelles de l’usager.

Consultation de 2 fournisseurs spécialisés en adaptation de véhicule;

Présentation du tableau au chef d’équipe du PAT;

Expérimentation du tableau par les ergothérapeutes du PAT.

 

Résultats et retombées :

Discussion avec l’équipe du PAT à l’été 2018 pour recevoir les commentaires quant à l’utilisation du tableau.

 

Potentiel d’application :

Outil qui pourrait éventuellement être diffusé aux autres programmes des aides techniques de la province.

Troubles cortico visuels : comment mieux intervenir ? Une expérience gagnante au CRMM


Geneviève Chabot1, Emma Steven1, Enza Stabile1, Ingrid Osswald1, Andrea Tkalec1, Kelly White1
1Université McGill

PROBLÉMATIQUE

Les enfants présentant un trouble neurodéveloppemental ont un risque accru (10,5% vs 0,16%) de présenter une déficience visuelle ou des troubles oculaires. Les troubles cortico visuels, rarement identifiés chez ces enfants, peuvent limiter leur potentiel de réadaptation. Dans ce contexte, l’évaluation et l’intervention doivent être probantes afin de maximiser leur niveau d’autonomie.

OBJECTIFS 

Le CRMM du CCOIDM s’étant doté d’une clinique permettant de dépister et d’évaluer le trouble cortico-visuel, l’objectif a été d’implanter, de manière exploratoire, des interventions novatrices et d’en mesurer les impacts.

DÉMARCHE

Forte des apprentissages réalisés suite à la participation à un congrès international en vision, l’équipe professionnelle a implanté 2 modes d’intervention : un groupe de vision niveau intermédiaire pour des enfants démontrant du potentiel au CVI et une modification des outils d’intervention utilisés en classe pour des élèves avec besoins spéciaux de niveau primaire . La gradation des interventions appliquée en fonction du score CVI a été appliquée pour 5 enfants dans le groupe et à 2 enfants de l’école.

RÉSULTATS/RETOMBÉES

La mise en place de cette nouvelle approche a été offerte à  7 usagers qui, autrement, n’auraient pas reçu d’interventions spécifiques. Les intervenants ont constaté des améliorations fonctionnelles au quotidien et les parents se sentaient plus outillés, mais l’évaluation objective en clinique reste à être réalisée lors du rendez-vous annuel.

APPLICATION

La mise en place de ces modes d’intervention novateurs a permis d’améliorer le fonctionnement quotidien des 7 enfants et d’outiller les parents du groupe. Ceci permet d’estimer que, pour cette population, un dépistage, une évaluation et une intervention adaptés permettraient d’améliorer le potentiel de réadaptation de manière significative et ainsi de maximiser leur niveau d’autonomie.

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Légende Acronymes :

CCOIDM : CIUSSS Centre-Ouest-de-l’Ile-de-Montréal

CRMM : Centre de Réadaptation MAB-Mackay

CVI : Cortico-visual impairment

Veille stratégique sur les aides techniques: des retombées concrètes


Isabelle Savard1, Erik Langlois1
1CIUSSSCN

Dans un univers axé sur les nouvelles technologies où les équipements commercialement disponibles et les aides techniques évoluent rapidement, le marché mondial développe et introduit de nouveaux produits chaque année. Chaque produit offre des caractéristiques de mieux en mieux adaptées aux besoins des personnes handicapées. Cette évolution accélérée propose de nouvelles opportunités à la clientèle, mais soulève d’importants défis pour les cliniciens, les gestionnaires et les organismes payeurs qui doivent demeurer à la fine pointe des dernières avancées, tout en respectant les règles d’attribution établies par les programmes d’aides techniques.

Pour répondre à ce défi, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a mis de l’avant la veille stratégique sur les aides techniques pour le volet des aides à la communication (AC) et des systèmes de contrôle de l’environnement (SCE), en collaboration avec le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale et l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux.

La veille stratégique dans son sens large a pour but principal d’identifier les nouveaux appareils et nouvelles applications les mieux adaptés et pouvant être offerts par les programmes d’aides techniques pour répondre aux besoins de la clientèle, dans une visée de participation sociale.  Cette veille a pour activités principales de répertorier les produits qui se présentent sur le marché, de les analyser, de signaler les innovations et de produire des rapports utiles à la prise de décision pour le MSSS.

La présentation portera sur le développement, les résultats et les retombées de la veille stratégique sur les aides techniques.