A clear cornea in Descemet’s membrane detachment after intracameral injection of ocular viscoelastic device: A demonstration of the hygroscopic property of Healon®
Antoine Etcheverry
Affinité membranaire d’un segment apparemment amphiphile de la lécithine rétinol acyltransférase
Sarah Roy
Bio-impression d’un dôme d'hydrogel sphérique contenant des cellules de mélanome uvéal pour tester la fonctionnalité d’implants de curiethérapie personnalisés
Philippe Gros-Louis
Chirurgie de révision des yeux avec échec d’une première vitrectomie pour des trous maculaires idiopathiques de pleine épaisseur
Alexandre Lachance
Collecte de données normatives de l'oxymètre oculaire de Zilia pour la mesure de la saturation en oxygène de la rétine
Susan Ruyu Qi
Comparaison de deux outils de dépistage de la détresse psychologique et d’évaluation de la qualité de vie chez les patients atteints de mélanome uvéal : ESAS versus EORTC QLQ-C30/QLQ-OPT30
Steven Gagnon
Critères d’éligibilité des essais cliniques publiés en glaucome
Daniel Milad
Décollement de rétine associé à un rétinoschisis: analyse des résultats anatomiques et fonctionnels
Jérôme Garneau
Effets bénéfiques de la pression intraoculaire sur la fonctionnalité cellules endothéliales cornéennes
Princia Anney
Encapsulation de médicaments par des nanoparticules d’or pour la thérapie oculaire
Gabrielle Raîche-Marcoux
Étude de la régulation du gène codant le récepteur 2B à la sérotonine (HTR2B) humain par les facteurs de transcriptions STAT dans le mélanome uvéal.
Sylvain L. Guérin
Étude rétrospective sur l’efficacité et la sécurité des chirurgies minimalement invasives du glaucome
Imad Eden Hachem
Expression de la ténascine-C sur les membranes de Descemet de cornées de patients atteints d’une kératopathie bulleuse du pseudophaque.
Tian Yuan Zhang
Impact de la ténascine-C sur l’adhésion des cellules endothéliales cornéennes
Ange Tchatchouang
Interaction membranaire de la S100B, une protéine régulatrice de la phototransduction
Paul Jaouen
Isolation et caractérisation des exosomes de la cornée humaine : impact sur la guérison des plaies cornéennes
Pascale Desjardins
La farnésylation du segment C-terminal de la rhodopsine kinase joue un rôle essentiel dans sa liaison membranaire
Marc-Antoine Millette
La moxifloxacine intracamérulaire comme prophylaxie de l’endophtalmie chez les patients opérés pour cataracte
Hani Hadid
Liaison membranaire du segment C-terminal acylé de la rhodopsine kinase
Camille Gagnon
Potentiel thérapeutique de l’implantation de mitochondries saines dans la dystrophie cornéenne endothéliale de Fuchs
Sébastien Méthot
Profil d’expression des protéases dans la Dystrophie endothéliale cornéenne de Fuchs
Isabelle Xu
Rôle des protéines S100A16 et Annexine A4 dans le maintien de l’intégrité membranaire des photorécepteurs
Francis Noël
Rôles des vésicules extracellulaires dans la progression du mélanome uvéal
Kelly Coutant
Sécrétion de facteurs par les mélanocytes favorisant la survie des cellules de l’épithélium pigmentaire rétinien dans un contexte de stress oxydatif
Julien Blouin

A clear cornea in Descemet’s membrane detachment after intracameral injection of ocular viscoelastic device: A demonstration of the hygroscopic property of Healon®


Antoine Etcheverry1,2, Amna AlMaazmi3, Michèle Mabon3
1Université de Sherbrooke, Faculté de Médecine et des Sciences de la Santé, Médecine, Sherbrooke 2Université de Sherbrooke, Faculté de Médecine et des Sciences de la Santé, Maîtrise en Sciences de la Santé (M.D./M.Sc.), Sherbrooke 3Département d'ophtalmologie, Hôpital Maisonneuve-Rosemont, Montréal

CONTEXTE ET OBJECTIFS : Le détachement de la membrane de Descemet (DMD) iatrogénique est une complication résultant en la séparation des couches cornéennes entraînant un dysfonctionnement du mécanisme de pompage des cellules endothéliales, ce qui génère normalement un œdème cornéen. L’incidence du DMD est de 0,5% (0,044-0,52%) en phacoemulsification, 2,6% en extraction extracapsulaire de cataracte et 3% en canaloplastie. Ce rapport de cas porte sur une injection intracamérulaire de Healon® s’étant compliquée en un DMD. Il vise à démontrer la propriété hygroscopique de ce dispositif viscoélastique oculaire (DVO). MATÉRIEL ET MÉTHODES : Une femme de 26 ans, atteinte d’arthrite rhumatoïde juvénile (ARJ), s’est présentée avec un glaucome secondaire à angle fermé découlant d’une uvéite mal contrôlée dans son oeil gauche. Le glaucome a été traité avec un tube Ahmed et une patch sclérale. La patiente a ensuite développé une hypotonie sur une hyperfiltration de sa valve, ce qui a mené à une chambre antérieure plate pour laquelle du Healon® (10mg/ml sodium hyaluronate Ophthalmic Viscosurgical Device, Abbott Medical Optics Inc., Santa Ana, CA, USA) a été injecté en intracamérulaire. Un examen à la lampe à fentes (LAF) a été fait après la procédure et une tomographie de cohérence optique du segment antérieur (AS-OCT) (Visante OCT, Carl Zeiss, Inc., Tarpon Springs, FL) a été faite dix jours plus tard. RÉSULTATS : Une membrane fibrine-like impliquant l’axe visuel a été observée à la LAF. Autrement, l’acuité visuelle de la patiente était stable et sa cornée était claire. À l’AS-OCT, la membrane observée s'est révélée être un important DMD. Le Healon® a donc été aspiré et plusieurs injections d'hexafluorure de soufre (SF6) ont été effectuées pour rattacher le DMD. Onze ans après l'événement, la cornée de la patiente était claire à l’examen à la LAF. CONCLUSION : Le DMD iatrogène est une complication qui entraîne normalement une opacification cornéenne et un œdème. La présence de Healon® à l'interface dans ce cas a agi comme une substance absorbant les fluides et est un exemple in vivo de la propriété hygroscopique de ce DVO en raison de son osmolarité plus élevée que celle du stroma cornéen. Ces découvertes peuvent étendre nos connaissances sur les propriétés des injections intracamérulaires.

Affinité membranaire d’un segment apparemment amphiphile de la lécithine rétinol acyltransférase


Sarah Roy1,2,3,4,5, Stephane Gagne1,4,5, Christian Salesse2,3,5
1Département de biochimie, microbiologie et bio-informatique, Faculté des sciences et de génie, Université Laval 2Département d’ophtalmologie et d’ORL-CCF, Faculté de médecine, Université Laval 3CUO–Recherche, Centre de recherche du CHU de Québec, Hôpital du Saint-Sacrement, CHU de Québec-Université Laval 4Institut de biologie intégrative et des systèmes de l'Université Laval 5Regroupement stratégique PROTEO, Université Laval

CONTEXTE ET OBJECTIFS : L’absorption de la lumière par la rhodopsine mène à l’isomérisation de son chromophore, le 11-cis rétinal, en tout-trans rétinal. Ce rétinoïde est par la suite transformé au cours du cycle visuel pour régénérer le 11-cis rétinal. La lécithine rétinol acyltransférase (LRAT) est une enzyme du cycle visuel qui transforme le tout-trans rétinol en tout-trans rétinyl ester. Nous avons déterminé auparavant que la LRAT tronquée (tLRAT) lie fortement les membranes. Nos données préliminaires en résonance magnétique nucléaire sur la structure de la tLRAT suggèrent la présence d’un segment amphiphile (résidus 96-107) qui permettrait la liaison de cette protéine aux membranes. De plus, d’autres auteurs (Golczak et al., Nature Com 2015, 11 : 26-32) ont postulé que ce segment serait impliqué dans la liaison membranaire de la LRAT. Cependant, aucun résultat n’est présenté pour appuyer leur hypothèse. Les objectifs de ces travaux consistent donc à déterminer la structure secondaire ainsi que la liaison membranaire de ce segment apparemment amphiphile de la tLRAT. MATÉRIEL ET MÉTHODES : Le segment amphiphile de la tLRAT a été synthétisé commercialement. Sa structure secondaire a été déterminée par dichroïsme circulaire et spectroscopie infrarouge. Des mesures de liaison membranaire ont été effectuées en utilisant la méthode des monocouches de Langmuir. RÉSULTATS : Les données de dichroïsme circulaire montrent que le segment amphiphile a une structure majoritairement en pelote statistique dans un tampon aqueux. Cependant, les résultats de spectroscopie infrarouge démontrent plutôt une structure composée majoritairement en feuillet β ainsi que plusieurs autres composantes structurelles mineures. Le segment amphiphile lie fortement des monocouches de différents types de phospholipides. En effet, des valeurs de pression d’insertion maximale de 44 ± 2, 47 ± 3, et 57 ± 5 mN/m ont été obtenues pour le segment amphiphile en présence de dioléoyl (C18:1) phosphocholine, dioléoyl (C18:1) phosphoéthanolamine et distéaroyl (C18:0) phosphocholine, respectivement. CONCLUSION : Le segment amphiphile montre une forte affinité pour les membranes car les valeurs de pression d’insertion maximale obtenues sont toutes plus élevées que la pression latérale des membranes qui est estimée à 30 mN/m. Ces travaux de recherche appuient le rôle du segment amphiphile dans la liaison membranaire de la LRAT, tel que proposé par Golczak et al., et permet ainsi de mieux comprendre son rôle dans la fonction de cette enzyme du cycle visuel.

Bio-impression d’un dôme d'hydrogel sphérique contenant des cellules de mélanome uvéal pour tester la fonctionnalité d’implants de curiethérapie personnalisés


Philippe Gros-Louis1,2,3,4, Sophie Lemay1,2,5,6, Julie Bérubé2,3, Claudine Bellerive1, Marc-André Fortin2,5,6, Solange Landreville1,2,3,4
1Département d'ophtalmologie et d’ORL-CCF, Faculté de médecine, Université Laval 2Axe Médecine régénératrice, Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval 3Centre de recherche en organogénèse expérimentale de l’Université Laval/LOEX 4Centre de recherche sur le cancer de l’Université Laval 5Département de génie des mines, de la métallurgie et des matériaux, Université Laval 6Centre de recherche sur les matériaux avancés (CERMA), Université Laval

CONTEXTE ET OBJECTIFS: Environ 95% des mélanomes oculaires se développent dans le tractus uvéal (i.e. iris, corps ciliaire, choroïde). Il est possible de traiter les mélanomes uvéaux avec une plaque de curiethérapie déposée sur la sclère. Malheureusement, l’irradiation reçue par le patient est souvent mal distribuée pour les cas de tumeurs non sphériques (e.g. en champignon, plates). Ces dernières correspondent à environ 23% des mélanomes uvéaux. La fabrication de formes d’implants personnalisés permettrait un meilleur confort du patient durant le traitement et une diminution des complications oculaires post-irradiation. L’objectif du projet est de recréer in vitro une demi-sphère reproduisant l’anatomie de l’œil avec une tumeur choroïdienne afin de tester l’efficacité et la fonctionnalité d’implants de curiethérapie personnalisés. MATÉRIEL ET MÉTHODES: La composition de la matrice extracellulaire choroïdienne ou tumorale a été déterminée grâce à des analyses de profilage génique et à une revue de la littérature. Notre modèle imprimé comprendra les éléments principaux de la matrice extracellulaire de la choroïde et de la sclère, ainsi que des cellules choroïdiennes (i.e. fibroblastes, mélanocytes) et des cellules cancéreuses (92.1, Mµ2 et Mel270) plus ou moins radiosensibles. Le modèle imprimé sera conservé dans du milieu de culture pendant 4 jours pour ensuite être irradié avec un implant de curiethérapie pendant 3 jours. La viabilité cellulaire sera ensuite quantifiée en fluorescence (LIVE/DEADTM Viability/Cytotoxicity Kit) de manière à observer la réponse des lignées cancéreuses à radiosensibilité variable. RÉSULTATS: Des tests de concentration cellulaire avec des mélanocytes, des fibroblastes et 3 lignées de mélanomes uvéaux ont permis de déterminer leur densité optimale, leur taux de prolifération, ainsi que leur viabilité lorsqu’ils sont enrobés dans un hydrogel pendant 7 jours. CONCLUSION: L’impression du dôme et son irradiation permettront de faire des tests de viabilité afin de qualifier et quantifier le pourcentage de cellules mortes et vivantes. L’utilisation d’imagerie par résonance magnétique assurera une reproductibilité entre les dimensions des différents modèles bio-imprimés. Ce projet permettra le développement d’un modèle 3D in vitro de mélanome choroïdien pour la validation des nouvelles formes d’implants personnalisés selon la géométrie de la tumeur.

Chirurgie de révision des yeux avec échec d’une première vitrectomie pour des trous maculaires idiopathiques de pleine épaisseur


Alexandre Lachance1, Jérôme Garneau1, Serge Bourgault1,2,3,4, Mathieu Caissie1,2,3,4, Éric Tourville1,2,3,4, Ali Dirani1,2,3,4
1CUO-Recherche, Centre de recherche du CHU de Québec, Hôpital du Saint-Sacrement, CHU de Québec-Université Laval 2Département d’ophtalmologie et d’ORL-CCF, Faculté de médecine, Université Laval 3Centre universitaire d’ophtalmologie, Hôpital du Saint-Sacrement, CHU de Québec-Université Laval 4CUO-Recherche-Clinique, Centre de recherche du CHU de Québec, Hôpital du Saint-Sacrement, CHU de Québec-Université Laval

CONTEXTE ET OBJECTIFS : Peu de données existent sur les trous maculaires (TM) idiopathiques de pleine épaisseur non fermés après la première intervention chirurgicale. Nous avons effectué une étude rétrospective d'observation pour étudier les résultats anatomiques et fonctionnels des yeux après l'échec d'une première chirurgie pour des TM idiopathiques de pleine épaisseur. MATÉRIEL ET MÉTHODES : Les TM non fermés après la première intervention chirurgicale ont été identifiés dans une cohorte de patients opérés pour TM entre 2014 et 2018 au CHU de Québec – Université Laval (Québec). Les caractéristiques cliniques et anatomiques des TM ont été recueillies. L’issue principale mesurée était le taux de non-fermeture des TM après la première chirurgie et l'intervention chirurgicale de reprise. L’issue secondaire consistait en l'acuité visuelle la mieux corrigée avec l'échelle ETDRS ainsi que l’acuité visuelle et la taille des TM avec échec de la première chirurgie, et ce, en préopératoire, à 3 mois et 12 mois après la chirurgie de révision. RÉSULTATS : Dans notre cohorte de 1085 yeux, nous avons identifié 22 yeux pour lesquels la première chirurgie avait échoué, dont 20 de ceux-ci ont subi une reprise chirurgicale. Le taux de non-fermeture des TM après la première chirurgie était de 2,4% et 15% après la chirurgie de révision. Au départ, les yeux avec échec de la première intervention chirurgicale avaient des TM de taille de 665 ± 226 μm. La taille des TM après échec de la première chirurgie était de 607 ± 162 μm et un mois après la chirurgie de révision 546 ± 156 μm pour les trois TM non fermés. De plus, les changements moyens entre l'acuité visuelle en préopératoire et après 3 et 12 mois de la chirurgie de révision des TM fermés étaient de +4 ± 31 lettres et +16 ± 17 lettres. La meilleure acuité visuelle corrigée moyenne pour les TM fermés après la chirurgie de révision était de 55 ± 19 lettres. CONCLUSION : Le taux de réussite de la chirurgie de révision en utilisant différentes techniques dans les yeux de TM non fermés était de 85%. Après une chirurgie de révision réussie, les yeux pouvaient montrer une amélioration de l'acuité visuelle et de la taille du TM. 

Collecte de données normatives de l'oxymètre oculaire de Zilia pour la mesure de la saturation en oxygène de la rétine


Susan Ruyu Qi1,2, Béatrice Des Marchais1,2
1Département d’ophtalmologie et d’ORL-CCF, Faculté de médecine, Université Laval; 2Centre universitaire d’ophtalmologie, Hôpital du Saint-Sacrement, CHU de Québec-Université Laval.

CONTEXTE:

La rétine humaine est un système complexe de tissus, de cellules et de vascularisation qui nécessite une oxygénation adéquate pour fonctionner correctement. Les dysfonctionnements de la régulation d’oxygène dans la rétine jouent un rôle essentiel dans de nombreuses maladies oculaires graves, telles que la rétinopathie diabétique, les occlusions de vaisseaux rétiniens et le glaucome. La capacité de capturer objectivement et quantitativement cette dérégulation d’oxygénation nous permettrait de mieux comprendre les maladies de l’œil, favoriser de meilleur suivi et prise en charge de ces maladies. Cela pourrait même servir d’un nouveau marqueur utile dans le dépistage des maladies.

ÉTAT DES CONNAISSANCE:

L’oxymétrie rétinienne est une technologie développée au cours de la dernière décennie qui permet de mesurer de manière non invasive la saturation en oxygène de la rétine. Bien que novateurs au début, les outils d’oxymétrie actuels ont encore de nombreuses limites restreignant leur utilité clinique. Une nouvelle technologie d'oxymétrie rétinienne a récemment été mise au point par la compagnie de Québec Zilia Inc. Cette technologie a le potentiel d’élargir notre compréhension des pathologies rétiniennes, servir de nouveau marqueur de la santé rétinienne et même être utilisée comme outil de diagnostic pour détecter les maladies oculaires avant qu’elles ne deviennent visibles. La nouvelle technologie de Zilia est unique, permettant des mesures continues et précises de la saturation en oxygène de la rétine.

OBJECTIFS:

L'objectif de la présente étude est de créer une base de données des valeurs d'oxymétrie standard chez des sujets caucasiens en bonne santé. La reproductibilité des mesures sera également évaluée chez un sous-ensemble de patients, ainsi que la variabilité entre la saturation d’oxygène dans les deux yeux chez un autre sous-ensemble de patients.

PERTINENCE :

La nouvelle technologie de Zilia est unique, permettant des mesures continues et précises de la saturation en oxygène de la rétine. Afin d’appliquer cette technologie à l’étude et à l’étude des maladies oculaires, nous devons d’abord examiner ses performances visuellement et créer une base de données normatives comme référence. Ceci nous permettra ensuite d'examiner sa performance dans chez des patients atteints de maladies oculaires ou encore dans le dépistage des maladies.

MÉTHODES :

Le nombre de participants à recruter est de 120 au CHU de Québec-Université Laval, afin de déterminer les intervalles de référence de saturation d’oxygène. Des 120 participants sélectionnés pour déterminer les valeurs normatives, un sous-échantillon de 62 patients participeront à évaluer la répétabilité du test dans le temps et un autre sous-échantillon de 12 patients feront le test sur les deux yeux pour évaluer la variabilité des mesures d’un œil à l’autre.

Comparaison de deux outils de dépistage de la détresse psychologique et d’évaluation de la qualité de vie chez les patients atteints de mélanome uvéal : ESAS versus EORTC QLQ-C30/QLQ-OPT30


Steven Gagnon1,2, Solange Landreville3,5, Louis-David Leclerc4, Claudine Bellerive1
1Centre universitaire d’ophtalmologie, Hôpital du Saint-Sacrement, CHU de Québec-Université Laval 2Département d’ophtalmologie et d’ORL-CCF, Faculté de médecine, Université Laval 3CMDGT/LOEX, Centre de recherche du CHU de Québec, Hôpital de l'Enfant-Jésus, CHU de Québec-Université Laval 4Département de psychiatrie et de neurosciences, Faculté de médecine, Université Laval 5Centre de recherche sur le cancer (CRC), Université Laval

CONTEXTE ET OBJECTIFS Un diagnostic de mélanome uvéal est souvent associé à des symptômes de dépression et d’anxiété. Plusieurs patients voient également leur qualité de vie globale significativement affectée par l’annonce de la maladie et le traitement de celle-ci. De plus, les symptômes visuels ont un impact significatif sur la qualité de vie des patients avec mélanome uvéal. Différents outils de dépistage ont été élaborés afin d’évaluer la détresse psychologique et la qualité de vie des patients souffrant d’un mélanome uvéal. Depuis quelques années déjà, le questionnaire Edmonton Symptom Assessment System (ESAS) est largement utilisé auprès des patients atteints de cancer en soins palliatifs dans le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Québec. Le European Organization for Research and Treatment of Cancer (EORTC) QLQ-OPT30 est un outil d’évaluation de la qualité de vie développé et validé spécifiquement pour les patients atteints de mélanome uvéal. Il est conçu de telle sorte qu’il doit être utilisé avec l’outil de base EORTC QLQ-C30 validé en oncologie. À notre connaissance, les outils EORTC n’ont jamais été comparés à l’ESAS. La détresse psychologique est considérée comme le sixième des signes vitaux dans la majorité des centres tertiaires de cancérologie. Actuellement, dans CHU de québec, outil ESAS utilisé pour détecter baisse de qualité de vie/fonctionnement. Cependant, aucun outil de dépistage n’est mis en place pour évaluer la détresse psychologique et la qualité de vie des patients traités pour un mélanome uvéal au Centre Universitaire d’Ophtalmologie (CUO) de l’Hôpital du Saint-Sacrement. MATÉRIEL ET MÉTHODES Nous allons donc procéder à une étude prospective dans laquelle les résultats des questionnaires ESAS et EORTC de chaque patient traité pour un mélanome uvéal, avec un nouveau diagnostic de tumeur oculaire, seront comparés. L’objectif du projet est d’évaluer la pertinence d’intégrer en oncologie ophtalmologique un outil de dépistage de la détresse psychologique et de la qualité de vie. De plus, il importe de déterminer si les outils de dépistage sont applicables (comparaison 2 outils) dans le cadre de la pratique clinique et lequel des outils de dépistage est le mieux adapté (questionnaire au patient) aux plaintes physiques et psychologiques des patients souffrant d’un mélanome uvéal. Les questionnaire ESAS, EORTC QLQ-OPT30 de même que l’outil de base EORTC QLQ-C30 seront administrés aux patients et comparés à quatre moments durant l’étude : 1 semaine après l’annonce du diagnostic, 2 semaines suivant le traitement (par énucléation ou brachythérapie avec ou sans traitement systémique), 3 mois post-traitement et 12 mois post-traitement LORS DES VISITES DE CONTRÔLE. CONCLUSION L’objectif ultime de ce projet consiste à déterminer à quel moment au cours de la maladie le patient est le plus enclin à avoir besoin d’une aide psychosociale afin d’implanter un programme de dépistage en oncologie oculaire pour mieux orienter les patients en détresse vers des ressources psychosociales adaptées.

Critères d’éligibilité des essais cliniques publiés en glaucome


Daniel Milad1, Jean Mardenli1, Andrew Toren2,3
1Université Laval, CHU de Québec-Université Laval 2Département d’ophtalmologie et d’ORL-CCF, Faculté de médecine, Université Laval. 3Centre universitaire d’ophtalmologie, Hôpital du Saint-Sacrement, CHU de Québec-Université Laval.

CONTEXTE ET OBJECTIFS : Les essais cliniques bien conçus fournissent aux cliniciens les mesures d’efficacité les moins biaisées pour tout nouveau médicament, intervention et outil. Il est important d’inclure les patients de façon sélective afin d’effectuer des études réalisables avec des résultats fiables et une haute validité interne. Cependant, cette sélectivité doit être contrebalancée par le besoin du clinicien d’être en mesure d’appliquer ces résultats aux patients individuels. L’exclusion inutile de certains patients peut mener à une généralisabilité altérée des résultats. Ainsi, nous avons tenté de déterminer la nature et l’étendue des critères d’exclusion dans les essais cliniques publiés en glaucome et leur contribution à la représentation de certaines populations de patients. MATÉRIEL ET MÉTHODES : Une étude rétrospective des essais cliniques interventionnels complétés de phase 3 et phase 4 en glaucome sur ClinicalTrials.gov fut effectuée. À partir des résultats identifiés de la recherche, une revue de la littérature a été réalisée pour identifier les publications pertinentes pour chaque essai clinique. Les registres d’essai, les protocoles et les publications subséquentes ont été analysés pour identifier les caractéristiques pertinentes des essais et leurs critères d’éligibilité spécifiques. RÉSULTATS : Sur les 325 essais cliniques complétés, 114 (35%) avaient des publications identifiées. Les deux tiers des publications comportaient des essais cliniques randomisés et le tiers comportait des études observationnelles. La majorité des essais publiés se penchaient sur les interventions reliées aux médicaments (86%), les interventions chirurgicales (18%) et les interventions au laser (7%). Les essais incluaient entre 20 et 1636 patients, avec une moyenne et une médiane de 212 et 106, respectivement. La majorité des essais étaient financés par l’industrie (86% des essais enregistrés, 72% des essais publiés). Le glaucome primaire à angle ouvert était la pathologie la plus étudiée (86%), suivi par l’hypertension oculaire (56%) et le glaucome pseudo-exfoliatif (39%). Les publications ont rapporté une moyenne de 17.2 ± 8.8 critères d’exclusion. Les critères d’exclusion étaient surtout liés au sexe ou à l’âge (81%), aux médicaments (77%), aux aspects non médicaux (58%), aux antécédents oculaires (55%) et à la condition médicale générale (44%). CONCLUSION : Il y a une variation importante dans le reportage des critères d’éligibilité des essais cliniques publiés en glaucome. Ces résultats soulignent la nécessité de critères d’éligibilité justifiés et appropriés qui sont rapportés de manière transparente.

Décollement de rétine associé à un rétinoschisis: analyse des résultats anatomiques et fonctionnels


Jérôme Garneau1,2,3, Alexandre Lachance1,2,3, Serge Bourgault1,2,3,4, Mathieu Caissie1,2,3,4, Eric Tourville1,2,3,4, Ali Dirani1,2,3,4
1Université Laval, CHU de Québec-Université Laval 2Département d'ophtalmologie et d'ORL-CCF, Faculté de médecine, Université Laval 3Centre universitaire d’ophtalmologie, Hôpital du Saint-Sacrement, CHU de Québec-Université Laval 4CUO-Recherche-Clinique, Centre de recherche du CHU de Québec, Hôpital du Saint-Sacrement, CHU de Québec-Université Laval

CONTEXTE ET OBJECTIFS: Le décollement de rétine (DR) associé à un rétinoschisis (RS) peut survenir avec le développement de bris rétiniens externes. Lorsque le DR est progressif et symptomatique, un traitement chirurgical est nécessaire. Le taux de succès anatomique de la première chirurgie semble être plus bas chez les patients avec DR associé à un RS que chez les patients avec décollement de rétine rhegmatogène (DRR) (sans RS), mais peu d'études sont disponibles à ce sujet. L'objectif de cette étude est d'analyser les résultats anatomiques et fonctionnels de la première chirurgie des patients avec DR associé à un RS.

MATÉRIEL ET MÉTHODES: Les dossiers médicaux de 2260 patients opérés entre 2014 et 2018 au CUO de l'Université Laval pour un décollement de rétine ont été révisés. Tous les patients avec rétinoschisis ou avec un décollement de rétine rhegmatogène ont été inclus dans l'étude. Des données pré, intra et postopératoires ont été analysées incluant des données démographiques, le nombre et la localisation des bris rétiniens, le nombre de quadrants affectés, l'état du cristallin et de la macula, le type de chirurgie ainsi que l'acuité visuelle. Le redécollement rétinien après la première chirurgie a aussi été analysé pour les patients avec DR associé à un RS et les patients avec DRR pour comparer le taux de succès chirurgical entre les deux groupes.

RÉSULTATS: Parmi la cohorte totale de 2260 patients, 1,8% des patients présentaient un décollement de rétine associé à un rétinoschisis (41 patients). Le taux de succès anatomique de la première chirurgie était de 78% chez les patiens avec DR associé à un RS (32/41) et de 90% chez les patients avec DRR (1589/1760) (valeur p 0,02). Parmi les patients avec DR associé à un RS, l'âge moyen était de 67 ± 12 ans, 1 quadrant rétinien (q) était atteint chez 9 patients (22%), 2 q chez 27 patients (66%), 3 q chez 4 patients (10%) et 4 q chez 1 patient (5%). Le type de chirurgie chirurgie chez les patients avec DR associé à un RS était une bande encerclante (BE) pour 2 patients (5%), la vitrectomie par la pars plana (VPP) chez 14 patients (34%) et la BE + VPP pour 25 patients (61%). La VPP seule était associée à un taux de succès de 78,6% (11/14) et la BE + VPP à un taux de succès de 80,0% (20/25). En préopratoire, l'acuité visuelle étaient de <6/30 pour 12 patients (29%), 6/30-6/15 pour 5 patients (12%), ≥6/12 pour 24 patients (59%). Au dernier suivi, l'acuité visuelle était de <6/30 pour 11 patients (27%), 6/30-6/15 pour 9 patients (22%) et de ≥6/12 pour 21 patients (51%).

CONCLUSION: Notre étude met en lumière les caractéristiques anatomiques et fonctionnels des patients avec DR associé à un RS et montre que cette condition demeure un défi à traiter avec un taux de succès de la première chirurgie significativement plus bas que chez les patients avec DRR. 

Effets bénéfiques de la pression intraoculaire sur la fonctionnalité cellules endothéliales cornéennes


Princia Anney1,2,3,4, Mathieu Thériault1,2, Stéphanie Proulx1,2,3,4
1Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval, axe médecine régénératrice 2Centre LOEX de l’Université Laval 3Département, d'ophtalmologie, et ORL-CCF, Université Laval; CUO-Recherche 4Centre de recherche du CHU de Québec, Hôpital du Saint-Sacrement, CHU de Québec-Université Laval

CONTEXTE ET OBJECTIFS : L’injection de cellules endothéliales cornéennes (CECs) comme traitement des endothéliopathies est une thérapie alternative présentement en étude clinique au Japon. Le succès de ce type de thérapie repose sur la qualité des cellules. La culture in vitro ne recrée pas toutes les conditions retrouvées in vivo, telle que la présence d’une pression intraoculaire (PIO). Notre hypothèse est que la PIO est importante pour la fonctionnalité des CECs, notamment pour son rôle de barrière via la formation de jonctions intercellulaires. L’objectif de ce projet est de comprendre l’influence de la PIO sur la transcription des gènes de protéines associées aux jonctions intercellulaires des CECs. MATÉRIEL ET MÉTHODES : Des cornées natives (n=3 paires) et des cornées reconstruites avec des CECs cultivées sur des stromas décellularisés (n=3 paires) ont été placées dans un bioréacteur cornéen pendant 7 jours en présence ou non (contrôle) d’une pression physiologique normale (10-21 mmHg). Les cornées ont été photographiées pour évaluer leur transparence, puis l'ARN a été récolté pour une analyse PCR de GJA1 (Connexin43), CDH2 (N-Cadherine), TJP1 (ZO-1) ITGAV (sous-unité d’intégrine αv), ITGB5(sous-unité d’intégrine β5) et CTNND1 (p120 catenin). La morphologie a été caractérisée en calculant l'indice de circularité (IC=4π × (surface/ périmètre^2)). Les données statistiques ont été obtenues par test ANOVA dans Excel. RÉSULTATS : Les cornées qui ont été cultivées avec une PIO étaient plus transparentes que celles cultivées sans pression. Pour les cornées natives, la PIO a augmenté l’expression génique de GJA1, CDH2, TJP1, ITGAV, ITGB5 et CTNND1 de, respectivement, 1.68±0.40, 1.10±0.27, 3.80±0.56, 1.82±0.33, 1.32±0.21 et 3.04±0.63. Pour les cornées reconstruites, cette augmentation était de 2.48±0.28, 2.04±0.52, 10.54±1.51, 1.97±0.73, 1.29±0.45, 3.19±0.87. La transcription de TJP1 différait (P <0.00001) entre les trois populations de CECs soit de 17.34±1.66 pour la population 1 (IC 0.43 ±0.08), 9.98±1.31 pour la population 2 (IC 0.59±0.1), et de 4.31±1.55 pour la population 3 (IC 0.79±0.05). CONCLUSION : La PIO a une plus grande influence sur la transcription de TJP1 lorsque le phénotype des cellules est moins endothélial. En outre, la pression contribue au maintien des jonctions serrées des CECs natives ainsi qu'à la genèse des jonctions serrées des CECs lorsque l’endothélium est "en reconstruction". Maintenir le phénotype et la fonctionnalité des CECs in vitro permettra de fournir de meilleures cellules pour une future utilisation clinique pour le traitement d’endothéliopathies cornéennes. 

 

Encapsulation de médicaments par des nanoparticules d’or pour la thérapie oculaire


Gabrielle Raîche-Marcoux1,2, Alexis Loiseau1,2, Florence Masse1,2, Elodie Boisselier1,2
1Département d’ophtalmologie et d’ORL-CCF, Faculté de médecine, Université Laval 2CUO-Recherche, Centre de recherche du CHU de Québec, Hôpital du Saint-Sacrement, CHU de Québec-Université Laval

CONTEXTE ET OBJECTIFS : Malgré la grande concentration en agents thérapeutiques des gouttes ophtalmiques, plus de 99,9% de ces molécules sont éliminées par le film lacrymal lors de l’application topique. L’augmentation de la biodisponibilité, et donc de l’efficacité, de l’agent actif doit passer par l’optimisation de la mucoadhésion du vecteur du médicament. En effet, plusieurs agents actifs sont hydrophobes, peu solubles et parfois peu stables. C’est lors de ces situations que le rôle et le choix du vecteur sont importants. Les nanoparticules d’or sont des candidates prometteuses grâce à leur non-toxicité et leur ultrastabilité. Le flurbiprofène et le kétorolac sont des anti-inflammatoires vendus en gouttes ophtalmiques qui sont souvent prescrits à la suite d’une chirurgie de la cataracte et qui doivent être appliqués de façon topique trois fois par jour par le patient. L’utilisation des nanoparticules d’or dans ce cas-ci pourrait permettre au patient de réduire la fréquence d’application de ces gouttes ophtalmiques tout en augmentant l’efficacité de celles-ci. Les objectifs de ce projet consistent donc de mesurer la mucoadhésion des nanoparticules puis de quantifier l’encapsulation du flurbiprofène et du kétorolac par les nanoparticules. MATÉRIEL ET MÉTHODES : Les nanoparticules d’or ont été synthétisées en laboratoire puis caractérisées par microscopie électronique à transmission, par analyse élémentaire, par spectroscopie UV-visible et par diffusion dynamique de la lumière. La mucoadhésion a été mesurée par spectroscopie UV-visible à l’aide de la coloration Periodic Acid Schiff. L’encapsulation du flurbiprofène a été mesurée indirectement par chromatographie en phase liquide à haute performance. RÉSULTATS : Après synthèse et caractérisation des nanoparticules d’or, l’étude de la mucoadhésion indique de 59,8% des mucines ont adhéré aux nanoparticules d’or. Le dosage indirect de l’encapsulation du flurbiprofène et du kétorolac par chromatographie liquide à haute performance démontre que l’encapsulation dépend du ratio nanoparticules:médicaments et de l’hydrophobicité dudit médicament. CONCLUSION : Ces travaux démontrent que les nanoparticules d’or sont des vecteurs de médicaments prometteurs pour la thérapie oculaire grâce à leur importante mucoadhésion et leur grande capacité d’encapsulation.

Étude de la régulation du gène codant le récepteur 2B à la sérotonine (HTR2B) humain par les facteurs de transcriptions STAT dans le mélanome uvéal.


Manel Benhassine1, Sylvain L. Guérin1,2
11Centre Universitaire d’Ophtalmologie-Recherche (CUO-Recherche), Axe médecine régénératrice, Hôpital du Saint-Sacrement, Centre de Recherche FRQS du CHU de Québec-Université Laval, Québec, Canada 2Département d'ophtalmologie, Faculté de Médecine, Université Laval, Québec, Canada

CONTEXTE ET OBJECTIFS: Le mélanome uvéal (MU) est la tumeur intraoculaire la plus fréquente dans la population adulte: 50% des individus atteints de cette maladie développeront des métastases principalement au foie, la survie des patients n’étant alors qu’une question de mois, ce qui fait du MU un cancer très agressif. L’analyse d’une signature moléculaire de 12 gènes, dont le gène codant le récepteur 2B à la sérotonine (HTR2B), nous permet d’identifier les individus à risque d’évoluer vers la forme métastatique de la maladie. HTR2B est le gène le plus discriminant de cette signature, sa surexpression étant observée dans les tumeurs primaires métastatiques. Il est démontré que la sérotonine, via son récepteur HTR2B, active la voie de signalisation JAK/STAT. Notre étude a pour but de caractériser la contribution des facteurs de transcription (FTs) STATs dans la régulation de l’expression du gène HTR2B dans les lignées de MU. MATÉRIEL ET MÉTHODES: Les niveaux d’expression du gène HTR2B et des FTs STATs ont été évalués par profilage génique et buvardages Western. Un segment de 2000pb portant le promoteur du gène HTR2B a été cloné en amont du gène rapporteur CAT, à partir duquel des délétants de différentes tailles ont été produits par digestions enzymatiques. L’analyse du promoteur du gène HTR2B a révélé la présence d’un site de liaison potentiel à haute affinité pour les protéines STATs en position -280 par référence à l’ATG de départ. Les techniques de retard sur gel (EMSA) et de mutagénèse dirigée alliées à la stimulation (à l’aide de cytokines), ou à l’inhibition (à l’aide de la fludarabine ou du nifuroxazide) de la voie de signalisation JAK/STAT ont aussi été exploitées afin d’étudier la fonctionnalité de ce site de liaison. RÉSULTATS: Une corrélation inverse entre les niveaux d’expression du transcrit HTR2B et de sa protéine ont été notées. De plus, nos lignées de MU métastatiques expriment des niveaux plus bas des transcrits STAT en profilage génique en dépit du fait que toutes expriment une combinaison des protéines STATs qui leur est propre. La transfection des délétants HTR2B chez lesquels le site de liaison STAT en position -280 a été délété se traduit par une augmentation considérable de l’expression du gène CAT, en accord avec une éventuelle répression médiée par les protéines STATs. CONCLUSION: Ce projet permettra de mieux comprendre les mécanismes moléculaires responsables de l’expression anormale du gène HTR2B dans le mélanome uvéal.

Étude rétrospective sur l’efficacité et la sécurité des chirurgies minimalement invasives du glaucome


Imad Eden Hachem1, Andrew Toren1, Beatrice Des Marchais1, Catherine Baril1, Jing Wang1
1Université Laval, CHU de Québec-Université

Étude rétrospective sur l’efficacité et la sécurité des chirurgies minimalement invasives du glaucome 

 

Imad Eden Hachem, Andrew Toren, Beatrice Des Marchais, Catherine Baril, Jing Wang

1Centre universitaire d’ophtalmologie, Hôpital du Saint-Sacrement, CHU de Québec-Université Laval

 

CONTEXTE ET OBJECTIFS : Le glaucome est la première cause de cécité irréversible dans le monde. Le seul traitement approuvé est la baisse de pression intraoculaire (PIO). Ceci peut être atteint par des traitements médicaux pour les cas légers-modérés ou par des chirurgies pour les cas avancés. Ainsi, il n'existe pas d'options de traitement pour les patients atteints de glaucome léger-modéré, d'où l'intérêt des chirurgies minimalement invasives du glaucome (MIGS). Selon les études industrielles, elles diminueraient la PIO et le besoin des médicaments avec un profil de sécurité élevé et une courte période de convalescence. Nos objectifs sont : 1) déterminer la sécurité́ et l’efficacité des MIGS (Cypass, I-Stent, XenGel) chez la population ayant bénéficié de ce traitement et 2) avoir des données basées sur des études cliniques, sans implication industrielle, pour se forger une opinion plus objective et justifier une demande de budget auprès du ministère de la santé. MATÉRIEL ET MÉTHODES : Notre étude englobe les opérations effectuées dans la ville de Québec au centre universitaire d’ophtalmologie de l’hôpital Saint-Sacrement entre les années 2016 à 2019. Les données recueillies incluent l’âge, le sexe, l’ethnicité, le type de glaucome, le statut du cristallin, l’épaisseur de la cornée, les caractéristiques du champ visuel, la pression oculaire et la médication en préopératoire. Le nombre total de patients a été étudié en fonction du nombre total d’œil opéré. Les suivis étaient définis en postopératoire aux jours 1 et 7 et aux mois 1, 3, 6, 12, 18, 24 et 30. Les complications présentées en intra et post-opératoire ont été rapportées. Plusieurs procédures rapides ont été rapportées suite à des complications en post-opératoire.  Un échec aux MIGS nécessitant une 2nd intervention chirurgicale a été rapportée (trabéculectomie, valve Ahmed/Baerveldt, Diode). RÉSULTATS : En analysant les 173 yeux, la PIO moyenne a baissé de 28.57%, ce qui est en faveur de la réussite de la globalité des MIGS. 35 échecs ont été notés, principalement dans le groupe XenGel, en raison de deux principales complications : pic de PIO et hypotonie. CONCLUSION : Les MIGS sont plutôt intéressantes dans la pratique de l’ophtalmologie. La chirurgie XenGel serait celle en défaveur en raison de son haut taux d’échec. Il serait bien, dans le futur, d’évaluer les taux de réussite des 2nd chirurgies afin d’évaluer si le problème découlait des MIGS ou de la pathologie en tant que tel.

Expression de la ténascine-C sur les membranes de Descemet de cornées de patients atteints d’une kératopathie bulleuse du pseudophaque.


Tian Yuan Zhang1, MD; Stéphanie Proulx4
1Département d’ophtalmologie et d’ORL-CCF, Faculté de médecine, Université Laval 2Centre universitaire d’ophtalmologie, Hôpital du Saint-Sacrement, CHU de Québec-Université Laval 3CUO-Recherche-Clinique, Centre de recherche du CHU de Québec, Hôpital du Saint-Sacrement, CHU de Québec-Université Laval 4CUO Recherche, Centre de recherche du CHU de Québec, Hôpital du Saint-Sacrement, CHU de Québec-Université Laval

CONTEXTE ET OBJECTIFS: La kératopathie bulleuse du pseudophaque (PBK) est un endothéliopathie qui cause de l’œdème cornéen et une perte de vision. Il a été proposé de reformer un endothélium fonctionnel chez ces patients par injection intra-camérale de cellules endothéliales. Cependant, in vitro, les cellules endothéliales cornéennes ne reforment pas un endothélium fonctionnel lorsqu’ensemencé sur des membranes de Descemet (DM) de PBK. L’hypothèse de ce projet est qu’une modification de la composition de la DM PBK interfère avec la formation de l’endothélium cornéen. La ténascine-C (TN-C) a préalablement été identifiée comme étant surexprimées dans les cornées PBK, mais son expression n’a jamais été examinée précisément au niveau de la DM. L’objectif de ce projet est d’évaluer l’expression de la TN-C sur les DM PBK. MATÉRIEL ET MÉTHODE : Des membranes de Descemet PBK (n=14) et saines (n=9) ont été enrobées dans l’OCT et ont été coupées à 5um au cryostat (pour 10 DM PBK et 8 DM saines) et le reste utilisé pour l’immunofluorescence de face (pour 4 DM PBK et 2 DM saines). Ces échantillons sont manqués avec l’anticorps contre la TN-C (Ac primaire) et par la suite, un deuxième marquage des anticorps secondaires pour l’immunofluorescence et le Hoechst pour marquer les noyaux des cellules. Les photos sont ensuite prises à l’aide de microscope à fluorescence. Les photos de face sont prise à 5x et les photos de coupes fines à 20x. RÉSULTATS : Pour les coupes fines, la TN-C est exprimée du côté endothélial et côté stromal de la DM sur 9/10 des cornées PBK. Parmi ces 9 DM, 2 montrent une expression faible du côté stromal, 1 montre une expression faible du côté endothélial et 1 montre une expression faible sur les 2 côtés. La TN-C est exprimée sur un des deux côtés de la DM sur 1/10 des cornées PBK, mais étant donné l’absence de cellules endothéliales, nous ne pouvons déterminer de quel côté il s’agit. La TN-C est exprimée comme une bande mince tout le long du côté endothélial et/ou stromal. Elle est exprimée sur faiblement sur 3/8 DM saines du côté endothélial et 1/8 DM saine du côté stromal. Les résultats « de face » montrent un patron d’expression uniforme sur toute la DM de 4/4 des cornées PKB et est absente sur 2/2 des DM de cornées saines. CONCLUSION : Ces résultats démontrent que l’expression de TN-C est observée sur la DM de toutes les cornées PBK tandis que son expression est peu observée sur les DM des cornées saines. Étant donné la présence prédominante de TN-C sur les Descemet de cornées PBK, cette protéine pourrait jouer un rôle dans la mauvaise adhésion des cellules endothéliales injectées dans la chambre antérieure. Nous tenterons d’évaluer son rôle dans l’adhésion endothéliale subséquemment avec nos expériences.

Impact de la ténascine-C sur l’adhésion des cellules endothéliales cornéennes


Ange Tchatchouang1,2,3,4, Mathieu Thériault1,2, Stéphanie Proulx1,2,3,4
1Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval, axe médecine régénératrice 2Centre LOEX de l’Université Laval 3Département, d'ophtalmologie, et ORL-CCF, Université Laval 4CUO-Recherche, Centre de recherche du CHU de Québec, Hôpital du Saint-Sacrement, CHU de Québec-Université Laval

CONTEXTE ET OBJECTIFS : La kératopathie bulleuse pseudophakique (PBK) est une pathologie faisant suite à la chirurgie de la cataracte. Elle se caractérise entre autres par un dysfonctionnement et une perte des cellules endothéliales cornéennes (CECs) et la formation d’œdème cornéen provocant une perte de transparence du tissu. Parallèlement, la dystrophie cornéenne de Fuchs (FECD), maladie héréditaire, se traduit par l’apparition de guttae sur la membrane de Descemet (DM) et également par une perte de densité des CECs et la formation d’œdème cornéen. Ljubimov and al ont démontré un dépôt anormal de ténascine-C (TNC-C), protéine de la matrice extra-cellulaire, dans le stroma et membranes basales des cornées PBK. Connue pour ses propriétés anti-adhésives ou pro-adhésives selon le type cellulaire le but sera alors de déterminer si la TNC a un impact sur l’adhésion des CECs. Notre hypothèse est que cette protéine pourrait avoir un rôle anti-adhésif sur les CECs qui expliquerait leur perte de densité. MATERIELS ET METHODES : Dans une plaque 24 puits, les puits ont été coatés avec 1mL de TNC à 0 ; 0,5 ; 1 ; 2,5 et 5ug/cm² en triplicat. Dans une autre plaque 24 puits destinée à la cinétique d’adhésion, les puits ont été coatés en triplicat avec 1mL de TNC à 1ug/cm². Après 1h d’incubation, les solutions protéiques ont été aspiré puis laver au PBS et les CECs ont été ensemencées à hauteur de 40.103 cellules/puits. Après 1h d’incubation, les CECs qui n’ont pas adhéré ont été aspirées et 1ml de milieu de culture a été mis dans chaque puit avant observation au microscope. Cette dernière opération a été répétée à 3h, 12h et 24h d’incubation. RESULATS : Nous avons pu observer, après 1h d’incubation, que sur plastique seul 5,7% des CEC ensemencées avaient adhéré contre 5,23% sur TNC à 0,5ug/cm², 5,4975% sur TNC à 1ug/cm², 5,6675% sur TNC à 2,5ug/cm² et 5,5725% sur TNC à 5ug/cm². En parallèle, respectivement après 3h, 12h et 24h d’incubation, 5,7625%, 4,805% et 6,665% des CECs ensemencées ont adhéré sur TNC à 1ug/cm². CONCLUSION : Après 1h d’incubation, il n’y a pas de différence significative du pourcentage d’adhésion des CECs entre le plastique seul et les différentes concentrations de TNC. D’autre part, la TNC ne n’altére pas l’adhésion sur 24h. Ces résultats préliminaires suggèrent que si la TNC semble ne pas améliorer l’adhésion des CECs, elle ne semble pas l’empêcher non plus.

Interaction membranaire de la S100B, une protéine régulatrice de la phototransduction


Paul Jaouen1,2, Florence Guérin1,2, Trystan Lessard1,2, Elodie Boisselier1,2
1Département d’ophtalmologie, Faculté de médecine, Université Laval 2CUO-Recherche, Centre de recherche du CHU de Québec, Hôpital du Saint-Sacrement, CHU de Québec-Université Laval

CONTEXTE ET OBJECTIFS : Dans les cellules nerveuses de la rétine se trouve la guanylate cyclase 1 (GC1). Elle participe à la conversion du signal lumineux en signal électrique de la vue en catalysant la transformation de la guanosine triphosphate (GTP) en guanosine monophosphate cyclique (GMPc). Différentes protéines activatrices participent à la régulation de son activité de phototransduction : la GCAP (protéine activatrice de la GC1) dans les photorécepteurs, la neurocalcine delta dans les cellules amacrines et ganglionnaires ainsi que la protéine S100B dans les cellules gliales de Müller. La participation de S100B à la régulation de la phototransduction par la GC1 se fait grâce à une interaction à la membrane de manière calcium dépendant. Cependant, S100B a peu été étudiée et aucune information concernant son interaction moléculaire à la membrane n’est actuellement connue. S100B serait notamment localisée dans les fractions membranaires résistantes au détergent et sa dimérisation serait favorisée en présence de lipides. Les lipides semblent donc jouer un rôle critique dans l’interaction de S100B avec les membranes. Les objectifs de ce projet de recherche consistent à caractériser les interactions membranaires de S100B afin de mieux comprendre son rôle dans la régulation de l’activité de GC1. MATÉRIEL ET MÉTHODES : À partir d’un vecteur d’expression bactérien, S100B a été surexprimée dans une souche d’Escherichia Coli, puis purifiée. Des informations sur l’interaction de S100B avec la membrane ont ensuite été obtenues grâce au modèle des monocouches de Langmuir permettant de mimer un feuillet de membrane cellulaire. Grâce à une étude couplant ce modèle à un tensiomètre de surface, deux paramètres de liaison, la pression d’insertion maximale et la synergie, peuvent être calculés et permettent de comparer l’affinité de S100B pour différents lipides retrouvés physiologiquement dans les membranes. RÉSULTATS : La protéine S100B a été surexprimée et purifiée avec un taux de pureté supérieur à 95%. Les expériences de liaison membranaire démontrent que S100B possède une affinité particulière pour les lipides ayant une tête polaire phosphatidylcholine et phosphatidylsérine ainsi qu’ayant des chaînes acyles mono et polyinsaturées. CONCLUSION : Bien que les travaux d’étude d’interaction membranaire de S100B restent à compléter, on peut observer une tendance qui montre l’affinité de notre protéine pour les lipides possédant au moins une insaturation, indépendamment de la longueur des chaînes acyles et de leurs têtes polaires. Ces résultats permettront ainsi de mieux comprendre le comportement membranaire de S100B ainsi que son rôle activateur de la GC1.

Isolation et caractérisation des exosomes de la cornée humaine : impact sur la guérison des plaies cornéennes


Pascale Desjardins1,2,3,4, Jennyfer Brassard1,2, Camille Couture1,2,3,4, Lucie Germain1,2,3,4, Sylvain Guérin1,2
1Département d’ophtalmologie et d’ORL-CCF, Faculté de médecine, Université Laval. 2CUO-Recherche, Centre de recherche du CHU de Québec, Hôpital du Saint-Sacrement, CHU de Québec-Université Laval. 3Département de chirurgie, Faculté de médecine, Université Laval. 4Centre de recherche en organogénèse expérimentale de l’Université Laval/LOEX, Centre de recherche du CHU de Québec, Hôpital de l'Enfant-Jésus, CHU de Québec-Université Laval.

CONTEXTE ET OBJECTIFS : La cornée, de par sa localisation anatomique superficielle, est particulièrement vulnérable aux divers traumatismes pouvant l’affecter. Le processus de cicatrisation activé à la suite d’une lésion nécessite une communication étroite entre les types cellulaires constituant les trois couches de la cornée (épithélium, stroma et endothélium). Cette communication est notamment assurée par les exosomes. Les exosomes sont des petites microvésicules relarguées par les cellules qui transportent différents cargos, tels que des protéines, des lipides et des acides nucléiques. Les exosomes ont été identifiés dans plusieurs systèmes, mais il existe très peu d’informations quant à leur rôle dans la cornée. L’objectif de cette étude consistait à isoler, caractériser et quantifier les exosomes des trois types cellulaires de la cornée pour éventuellement pouvoir évaluer leur contribution à la guérison des plaies cornéennes. MÉTHODES : Les exosomes des trois types cellulaires de la cornée ont été isolés par ultracentrifugation différentielle, puis quantifiés à l’aide d’une trousse de quantification commerciale (EXOCET de SBI) et par cytométrie à haute sensibilité. Les exosomes ont été caractérisés par buvardage Western à l’aide d’anticorps dirigés contre des marqueurs préférentiellement exprimés par ces microvésicules, soit CD9, CD63 et CD81. L’analyse de la taille des exosomes a été effectuée par Dynamic Light Scattering (DLS) et par cryo-microscopie électronique (Cryo-EM). Enfin, l’impact des exosomes sur la guérison des plaies cornéennes a été étudié à l’aide d’un modèle de scratch assay en culture monocouche de cellules épithéliales cornéennes. RÉSULTATS : L’ultracentrifugation différentielle s’est avérée être une méthode efficace pour l’isolation des exosomes de nos trois types cellulaires. La trousse de quantification et l’analyse en cytométrie ont toutes deux permis d’estimer la quantité d’exosomes isolés et l’analyse en DLS a, quant à elle, permis d’identifier des populations d’exosomes ayant des tailles comprises entre 50 et 150 nm. Enfin, les différentes populations d’exosomes étaient positives pour les marqueurs CD9, CD63 et CD81. CONCLUSION : Ce projet a permis de confirmer que chaque type cellulaire cornéen exprime bel et bien des microvésicules de petites tailles et qu’il est possible de les isoler afin d’en étudier l’impact dans la guérison des plaies cornéennes.

La farnésylation du segment C-terminal de la rhodopsine kinase joue un rôle essentiel dans sa liaison membranaire


Marc-Antoine Millette1,2,3, Christian Salesse1,2,3
1Département d’ophtalmologie et d’ORL-CCF, Faculté de médecine, Université Laval 2Centre universitaire d’ophtalmologie, Hôpital du Saint-Sacrement, CHU de Québec-Université Laval 3Regroupement stratégique PROTEO, Université Laval

CONTEXTE ET OBJECTIFS: L’activation de la cascade de phototransduction visuelle débute par l’absorption d’un photon par le pigment visuel, la rhodopsine. Pour retourner à l’état de la noirceur, il est nécessaire d’inactiver la rhodopsine en deux étapes : 1) la phosphorylation de la rhodopsine par la rhodopsine kinase et 2) la liaison de l’arrestine à la rhodopsine phosphorylée. La GRK1 possède un groupement acyle, de type farnésyle, qui est lié au résidu cystéine à l’extrémité de son segment C-terminal. Il a été démontré que la perte de la farnésylation de la GRK1, en conséquence de maladies génétiques, résulte en une réduction importante de son activité enzymatique. Il a été postulé que cette chute d’activité pourrait être expliquée par une perte de la liaison membranaire de la GRK1 en raison de l’absence de son groupement farnésyle. L’objectif de ces travaux de recherche consiste à déterminer la structure secondaire et comparer la liaison membranaire du segment C-terminal non-farnésylé et farnésylé de la GRK1. MATÉRIEL ET MÉTHODES: La structure de la GRK1 bovine a été déterminée par diffraction des rayons X (PDB : 3T8O). Cependant, la structure secondaire du segment C-terminal de la GRK1 n’est pas inclus dans cette structure. Des mesures de dichroïsme circulaire et de spectroscopie infrarouge ont permis de déterminer la structure secondaire du segment C-terminal non-farnésylé et farnésylé de la GRK1. Les membranes des disques des photorécepteurs ont une composition en phospholipides très particulière. En effet, les phospholipides les plus abondants incluent la phosphoéthanolamine (PE, 44%), la phosphocholine (PC, 41%) et la phosphosérine (PS, 15%). Parmi les chaînes acyles les plus abondantes de ces phospholipides, on note celles de type stéaroyl (C18:0, 19%), oléoyl (C18:1, 3%) et didocosahexaénoyl (C22:6, 45%). Ces phospholipides ont donc été utilisés pour caractériser la liaison membranaire des segment C-terminal non-farnésylé et farnésylé de la GRK1. Le modèle des monocouches de Langmuir permet de mimer le feuillet externe de la membrane des disques des photorécepteurs où est localisée la GRK1. Un tensiomètre de surface a permis de mesurer la pression de surface en fonction du temps. L’injection du segment C-terminal non-farnésylé et farnésylé la GRK1 à une concentration saturante dans la sous-phase de la monocouche lipidique a résulté en une hausse de la pression de surface. RÉSULTATS: Des mesures de dichroïsme circulaire et de spectroscopie infrarouge ont montré que le segment C-terminal non-farnésylé et farnésylé de la GRK1 possède une structure en pelote statistique. Une très forte liaison membranaire a été observée avec le segment C-terminal farnésylé de la GRK1 alors qu’aucune liaison significative n’a été mesurée avec le segment C-terminal non-farnésylé. De plus, une liaison préférentielle du segment C-terminal farnésylé de la GRK1 a été observée en présence des phosphoéthanolamines et phosphosérines insaturées, qui sont les lipides les plus abondants de la monocouche externe des membranes des disques des segments externes des bâtonnets où est localisée la GRK1. Des mesures de la fluorescence intrinsèque du tryptophane 531 suggèrent que la région du segment C-terminal de la GRK1 entourant ce résidu ne participe pas à cette liaison membranaire. CONCLUSION: Globalement, nos résultats appuient l’hypothèse que la farnésylation de la GRK1 joue un rôle critique et essentiel dans son ancrage membranaire. De plus, il est possible qu’un résidu chargé, la lysine 554, situé à proximité du groupement farnésyle participe à la liaison membranaire de la GRK1. Des travaux seront donc effectués avec un mutant où cette lysine du segment C-terminal de la GRK1 sera remplacée par une glutamine.

La moxifloxacine intracamérulaire comme prophylaxie de l’endophtalmie chez les patients opérés pour cataracte


Hani Hadid1,2, Emmanuelle Chalifoux1,2,3
1Département d’ophtalmologie et d’ORL-CCF, Faculté de médecine, Université Laval 2Centre universitaire d’ophtalmologie, Hôpital du Saint-Sacrement, CHU de Québec-Université Laval 3CUO–Recherche-Clinique, Centre de recherche du CHU de Québec, Hôpital du Saint-Sacrement, CHU de Québec-Université Laval

CONTEXTE ET OBJECTIFS : L’endophtalmie est une complication rare, mais dévastatrice de la chirurgie de la cataracte. Une revue rapportant 440 000 chirurgies de la cataracte au Canada entre 2002 et 2006 a révélé un taux d’endophtalmie de 0.14% post-chirurgie. Ces risques pourraient être réduits par l’utilisation de moxifloxacine intracamérulaire qui a considérablement augmenté dans les dernières années, mais qui n’est pas encore considérée comme la norme des soins. En effet, quelques études rétrospectives viennent appuyer le fait que le taux d’endophtalmie diminue significativement avec l’utilisation de la moxifloxacine intracamérulaire, mais aucune d’elle n’est uni-centrique, entreprise en Amérique du Nord ou n’utilise une technique chirurgicale standardisée pour tous les cas. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact de l’utilisation de la moxifloxacine intracamérulaire sur le taux d’endophtalmie après la chirurgie de la cataracte dans des conditions chirurgicales uniformes.

 

MATÉRIEL ET MÉTHODES : La présente étude est une analyse rétrospective comparant le taux d’endophtalmie entre les patients recevant à la fois de la moxifloxacine intracamérulaire et une prophylaxie d’antibiotique topique post-opératoire et aux patients recevant uniquement une prophylaxie topique après une chirurgie de la cataracte par phacoémulsification. L’étude rapporte les données recueillies entre avril 2011 et mars 2019 au centre universitaire d’ophtalmologie (CUO), totalisant 62 196 chirurgies. Les dossiers de tous les patients ayant été atteint d’endophtalmie (17) ont été révisés. Les données cliniques collectées pour chaque cas d’endophtalmie incluent l’acuité visuelle au diagnostic, les résultats de la culture de vitré et l’acuité visuelle finale. Un test de Fisher exact est utilisé pour comparer le taux d’endophtalmie entre les deux groupes.

 

RÉSULTATS : Le taux d'endophtalmie dans le groupe n'ayant pas reçu de moxifloxacine intracamérulaire était de 0,045% (15/33 225) comparé à 0,007% (2/28 971) dans le groupe recevant de la moxifloxacine intracamérulaire p = 0.0056. De plus, l’acuité visuelle finale est meilleure dans le groupe recevant de la moxifloxacine intracamérulaire.

 

CONCLUSION : La prophylaxie systématique par moxifloxacine intracamérulaire lors de la chirurgie de la cataracte a réduit de 6,5 fois notre taux global d'endophtalmie. Cette étude amène des preuves quant aux avantages déjà connus de l’utilisation de la moxifloxacine intracamérulaire comme prophylaxie de l'endophtalmie après la chirurgie de la cataracte par phacoémulsification.

Liaison membranaire du segment C-terminal acylé de la rhodopsine kinase


Camille Gagnon1, Marc-Antoine Millette1, Christian Salesse2
1CUO-Recherche, Centre de recherche du CHU de Québec, Hôpital du Saint-Sacrement, CHU de Québec-Université Laval 2Département d’ophtalmologie et d’ORL-CCF, Faculté de médecine, Université Laval.

CONTEXTE ET OBJECTIFS : Dans la rétine, les photorécepteurs, tels que les batônnets et les cônes, absorbent la lumière et la convertissent en un signal lumineux qui sera ensuite transmis au cerveau par le biais d’autres cellules nerveuses. La rhodopsine est une protéine très importante dans le segment externe des batônnets (SEB). Son activation par la lumière débute la cascade de phototransduction visuelle qui mène à l’hyperpolarisation des bâtonnets et à la vision. La rhodopsine doit être inactivée pour retourner à l’état de la noirceur. Cette inactivation a lieu grâce à la rhodopsine kinase (GRK1) qui phosphoryle la rhodopsine. La GRK1 est une kinase qui contient une acylation de type farnésyl (15 carbones dont 3 méthyl branchés) en C-terminal qui serait impliqué dans sa liaison aux disques des SEB. Il a été préalablement démontré par des mesures de liaison membranaire que ce groupement farnésyl est essentiel à la liaison membranaire de la GRK1. Les GRK4 et GRK6, qui sont ubiquitaires, portent une acylation de type palmitoyl (16 carbones) en C-terminal. L’objectif de ce projet de recherche vise à caractériser la liaison membranaire du segment C-terminal de la GRK1 palmitoylé et ainsi comparer sa liaison membranaire à celle du segment farnésylé. MATÉRIEL ET MÉTHODES : Le modèle des monocouches de Langmuir a été utilisé afin de déterminer la pression maximale d’insertion (PIM) et la synergie du peptide palmitoylé en présence de phospholipides caractéristiques de la composition lipidique des membranes des disques des SEB. Une PIM supérieure à 30 mN/m suggère que le peptide pourrait lier ce type de phospholipide dans un contexte physiologique. De plus la présence d’un tryptophane en N-terminal du peptide a permis des mesures de fluorescence avec des vésicules lipidiques pour déterminer son exposition au solvant. RÉSULTATS : Les PIM obtenues avec le segment palmitoylé sont majoritairement au-dessus de 30 mN/m, ce qui montre que ce peptide a une grande affinité pour les membranes. Les PIM les plus élevées ont été obtenues avec deux phospholipides avec des chaînes acyles saturées, ce qui est cohérent avec la structure du palmitoyl. CONCLUSION : Des résultats obtenus avec le segment farnésylé ont montré une affinité pour les chaînes acyles insaturées. La nature de l’acylation semble donc jouer un rôle critique à la liaison membranaire du segment C-terminal de cette kinase. Ces travaux de recherche démontrent une différence entre la liaison membranaire d’une même séquence peptidique portant deux acylations différentes.

Potentiel thérapeutique de l’implantation de mitochondries saines dans la dystrophie cornéenne endothéliale de Fuchs


Sébastien Méthot1,2, Marilyse Piché4,5, Stéphanie Proulx1,2,3, Isabelle Brunette4,5, Patrick J. Rochette1,2,3
1Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval, Axe médecine régénératrice, Hôpital du Saint-Sacrement 2Centre universitaire d’ophtalmologie, Hôpital du Saint-Sacrement 3Département d'ophtalmologie, Faculté de Médecine, Université Laval 4Centre de Recherche Hôpital Maisonneuve-Rosemont 5Département d’Ophtalmologie, Université de Montréal

CONTEXTE ET OBJECTIFS: La dystrophie cornéenne endothéliale de Fuchs (FECD) est caractérisée par une déplétion accélérée des cellules de l’endothélium cornéen, la couche postérieure de la cornée ayant comme rôle de garder le stroma en état de déturgescence. La perte des cellules endothéliales empêche l’accomplissement de ce rôle et mène à un œdème du stroma cornéen rendant la cornée opaque. Le seul traitement actuel pour la FECD est la greffe de cornée. Les causes de la FECD sont encore mal définies, mais les évidences récentes montrent que la dysfonction mitochondriale est au cœur d’un cercle vicieux central à la maladie. La déplétion des cellules oblige les mitochondries des cellules restantes à effectuer plus de travail pour assurer la déturgescence du stroma. Cette surutilisation des mitochondries mène à leur épuisement, ce qui, ultimement provoque la mort des cellules, alimentant ainsi le cercle vicieux. Nous avons appelé ce phénomène le « burnout » mitochondrial. Nous avons alors soulevé l’hypothèse que l’implantation de mitochondries saines dans les cellules FECD restaurera leur fonctionnalité et retardera le besoin de greffe. L’objectif du projet vise à tester le potentiel d’utilisation des mitochondries pour améliorer la fonctionnalité des cellules FECD. MATERIEL ET METHODES: Des mitochondries saines ont été isolées de cellules humaines en cultures. Nous avons testé la capacité d’internalisation de ces mitochondries dans des (1) explants d’endothélium sains, (2) yeux cadavériques humains et yeux de lapins in vivo par injection dans la chambre antérieure, et (3) explants FECD. Nous avons mesuré l’amélioration des composantes du cercle vicieux suite à l’incorporation de mitochondries saines dans les explants FECD afin de déterminer la capacité d’amélioration de la fonctionnalité. RÉSULTATS: L’intégration des mitochondries isolées dans cellules d’endothélium cornéen sain et FECD se fait efficacement. Une réduction de plus de 50% du nombre de cellules FECD en voie de mort cellulaire a pu être observé suite à l’incorporation de mitochondries saines ainsi qu’une diminution importante du stress oxydatif. CONCLUSION: Aucun traitement préventif de la FECD n’est disponible actuellement. Nos résultats suggèrent que l’incorporation de mitochondries saines, en venant en renfort à celles qui sont en « burnout » dans la FECD, a le potentiel de devenir une avenue de traitement pour cette maladie.

Profil d’expression des protéases dans la Dystrophie endothéliale cornéenne de Fuchs


Isabelle Xu1,2,3, Mathieu Theriault2, Stéphanie Proulx1,2,3
1Centre de recherche en organogénèse expérimentale de l’Université Laval/LOEX 2Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval, axe médecine régénératrice 3Département d’ophtalmologie et d’ORL – chirurgie cervico-faciale, Faculté de médecine, Université Laval.

CONTEXTE ET OBJECTIFS: La Dystrophie endothéliale cornéenne de Fuchs (DECF) est une pathologie affectant l’endothélium cornéen. Cette monocouche de cellules endothéliales cornéennes (CECs) repose sur une membrane de Descemet qui devient anormale et présente des guttae. Ces excroissances pathognomiques composées de matrice extracellulaire (MEC), sont nocifs envers les CECs et représentent une problématique importante dans la DECF. À ce jour, peu de traitements efficients existent et le seul traitement curatif reste la greffe de cornée. Il y a donc un besoin de développer de nouvelles avenues thérapeutiques en comprenant davantage la physiopathologie derrière la DECF. Les principales composantes des guttae sont dégradables par des protéases. En effet, la MEC est normalement régulée par des protéases, telles les métalloprotéases matricielles (MMPs), et des inhibiteurs de protéases (IPs), tels les inhibiteurs tissulaires des MMPs (TIMPs). D’ailleurs, différentes études démontrent le potentiel thérapeutique des MMPs dans certaines maladies oculaires. L’objectif de ce projet est donc de déterminer l’importance des protéases et IPs dans le développement de la DECF. Notre hypothèse est qu’il existe un débalancement quantitatif ou fonctionnel des protéases et IPs dans la DECF qui pourrait expliquer l’accumulation anormale de MEC sous forme de guttae. MATÉRIEL ET MÉTHODES: Des CECs provenant de spécimens DECF (N=7) et de cornées saines (N=9) ont été mises en culture. La morphologie cellulaire étant un facteur pouvant influencer le comportement cellulaire in vitro, les populations de CECs ont été caractérisées et classifiées en trois groupes morphologiques selon l’index de circularité (IC) (4π*aire/périmètre2) : endothélial/polygonal (IC>0,68); intermédiaire (IC=0,55-0,68); fibroblastique/allongé (IC<0,55). Les surnageants des CECs en culture ont été recueillis entre le 21e-28e jour post-confluence et analysés par différents tests quantitatifs de type ELISA (ab197453; ab213811) et fonctionnels (zymographie; test fluorométrique MMP-3(MAK291) et MMP-10(AS-72024)). Les groupes de phénotype correspondant ont été comparés par t-test (p<0,05). RÉSULTATS: Les CECs DECF et saines ont démontré les phénotypes et IC moyen suivants: endothéliale (DECF(n=2):0,72±0,01; saines(n=2):0,69±0,00), intermédiaire (DECF(n=2):0,62±0,04; saines(n=4):0,62±0,06) et fibroblastique (DECF(n=3):0,52±0,03; saines(n=3):0,46±0,03). Les tests quantitatifs ont montré des différences statistiquement significatives pour les populations fibroblastiques (DECF>saine: MMP-8(2,8-fois)) et intermédiaires (DECF>saine: MMP-1(5,1-fois), MMP-9(4,0-fois), TIMP-2(1,5-fois); DECF<saine: MMP-10(113,8-fois)). Les autres tests n’ont pas dévoilé de différences statistiquement significatives. CONCLUSIONS: Pour conclure, les CECs DECF ont des profils de MMPs et TIMPs différents des CECs saines de morphologie similaire suggérant un déséquilibre entre les protéases et IPs chez les spécimens DECF. Ceci pourrait expliquer l’accumulation pathologique de MEC et pointer vers de nouvelles possibilités thérapeutiques.

Rôle des protéines S100A16 et Annexine A4 dans le maintien de l’intégrité membranaire des photorécepteurs


Francis Noël1,2, Xiaolin YAN1,2, Stefan Vetter3, Elodie Boisselier1,2
1Département d’ophtalmologie et d’ORL-CCF, Faculté de médecine, Université Laval 2CUO-Recherche, Centre de recherche du CHU de Québec, Hôpital du Saint-Sacrement, CHU de Québec-Université Laval 3École de pharmacie, Université d’État du Dakota du Nord, États-Unis

CONTEXTE ET OBJECTIFS : Le maintien de l’intégrité structurale et fonctionnelle des membranes est essentiel au bon fonctionnement des cellules. Une étude protéomique récente suggère que la protéine S100A16 et l’annexine A4 (ANXA4) participent au maintien de l’intégrité membranaire dans le segment externe des photorécepteurs de l’œil. La composition lipidique de la membrane plasmique et des disques membranaires retrouvés dans le segment externe des photorécepteurs diffère. Les disques membranaires ont une haute teneur en phospholipides polyinsaturés, alors que la membrane plasmique à une plus grande quantité de phospholipides saturés courts. La protéine S100A16, récemment découverte, fait partie des protéines de la famille S100 pour laquelle aucune interaction protéique et membranaire n’a encore été identifiée. Les S100 et les annexines sont deux grandes familles sensibles aux Ca2+. Il existe plusieurs complexes S100-Annexine connus, mais aucune étude n’a été fait sur le complexe S100A16-AnnexineA4. L’objectif général consiste à étudier les interactions membranaires des protéines S100A16 et ANXA4 afin de mieux comprendre leurs fonctions dans le maintien de l’intégrité membranaire. Les objectifs spécifiques sont i) obtenir les protéines S100A16 et Annexine A4 pure et de vérifier leur stabilité, et ii) obtenir des informations sur l’interaction membranaire à l’aide du modèle des monocouches de Langmuir. MATÉRIEL ET MÉTHODES : La protéine S100A16 est obtenue par clivage suivie d’une purification sur une colonne His-Trap. Les interactions membranaires sont étudiées avec le modèle des monocouches de Langmuir. Après mesure de la concentration saturante, les paramètres de liaison des protéines, pression d’insertion maximale et synergie, seront ensuite déterminés en présence de plusieurs phospholipides représentatifs des membranes. RÉSULTATS : La protéine S100A16 a été obtenue avec une pureté supérieure à 99%. L’obtention de ANXA4 est en cours. La concentration saturante déterminée pour la protéine S100A16 est de 0,5µM. Des études biophysiques avec différents phospholipides en monocouches sont actuellement en cours de réalisation. Les résultats préliminaires suggèrent que la protéine S100A16 interagit préférentiellement avec les lipides saturés composés de chaînes acyles courtes. CONCLUSION : Les interactions lipidiques préférentielles avec la S100A16 suggèrent que celle-ci aurait une préférence pour se lier à la membrane plasmique dans le segment externe des photorécepteurs plutôt qu’aux disques membranaires en présence d’ions calcium. Cette étude membranaire permet donc d’évaluer la propriété des protéines S100A16 et Annexine A4 à se lier à la membrane et de mieux comprendre leurs rôles dans le maintien de l’intégrité membranaire.

Rôles des vésicules extracellulaires dans la progression du mélanome uvéal


Kelly Coutant1,2,3,4, Léo Piquet1,2,3,4, Andrew Mitchell1,3,4, Julie Bérubé1,3,4, François Bordeleau3,4,5, Alain Brisson6, Solange Landreville1,2,3,4
1CUO-Recherche, Hôpital du Saint-Sacrement, Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval 2Département d’ophtalmologie et d’ORL-CCF, Faculté de médecine, Université Laval 3Centre de recherche sur le cancer de l’Université Laval 4Centre de recherche en organogénèse expérimentale de l’Université Laval/LOEX 5Département de biologie moléculaire, biochimie médicale et pathologie, Faculté de médecine, Université Laval 6UMR-CBMN CNRS, Université de Bordeaux.

CONTEXTE ET OBJECTIFS : Le mélanome uvéal est la tumeur intraoculaire primaire la plus fréquente chez l’adulte et nait de la transformation des mélanocytes. Malgré le traitement de la tumeur oculaire, la survie des patients est fortement diminuée en raison du développement de métastases au foie. Les vésicules extracellulaires sont des "bulles nanométriques" libérées par les cellules cancéreuses qui permettent de transférer à des cellules distantes des oncoprotéines ou du matériel génétique afin de modifier leur microenvironnement et favoriser la dissémination du cancer. Notre hypothèse est que les vésicules extracellulaires libérées par la tumeur oculaire préparent le stroma hépatique à la colonisation des cellules métastatiques, par l’intermédiaire des cellules stellaires et endothéliales. Mon étude vise à caractériser les vésicules extracellulaires mélanocytaires et mélanomiques et à étudier leur impact sur le microenvironnement hépatique. MATÉRIEL ET MÉTHODES : Les vésicules extracellulaires ont été isolées de mélanocytes et de cellules cancéreuses du mélanome uvéal par centrifugation différentielle. Leurs concentration/taille ont été caractérisées par immunobuvardage Western, cytométrie de flux et par microscopie électronique à l’aide de marqueurs exosomaux et mélanomiques. Les mécanismes d’internalisation des vésicules extracellulaires dans les cellules stellaires et endothéliales ont été étudiés par microscopie confocale à l’aide d’inhibiteurs des voies d’endocytose. La contractilité des cellules stellaires sur hydrogels plus ou moins rigides et l’organisation en tubes des cellules endothéliales sur Matrigel post-exposition aux vésicules extracellulaires mélanomiques ont été déterminées par microscopie à force de traction ou time-lapse. La biodistribution sélective des vésicules extracellulaires dans les organes a été étudiée par imagerie en fluorescence chez la souris. RÉSULTATS : La fraction extra-vésiculaire des mélanocytes et des cellules cancéreuses contient des exosomes et des microvésicules. Les cellules stellaires ayant internalisé les vésicules extracellulaires mélanomiques sont activées et plus contractiles, alors que les cellules endothéliales développent plus rapidement et davantage de réseaux. Les vésicules extracellulaires mélanomiques se sont accumulées particulièrement dans les poumons et le foie chez l’animal. CONCLUSION : Nous avons démontré que la signalisation extra-vésiculaire des cellules cancéreuses du mélanome uvéal atteint le foie in vivo et active les cellules stellaires qui deviennent plus contractiles et productrices de matrice extracellulaire. Les vésicules extracellulaires mélanomiques ont également un potentiel pro-angiogénique. La découverte de protéines spécifiques au mélanome à la surface des vésicules extracellulaires de patients au stade métastatique pourrait favoriser le développement de nouvelles modalités d'imagerie des micro-métastases ou de vecteurs de médicaments pour une livraison ciblée aux métastases hépatiques.

Sécrétion de facteurs par les mélanocytes favorisant la survie des cellules de l’épithélium pigmentaire rétinien dans un contexte de stress oxydatif


Julien Blouin1,2,3, Julie Bérubé1,2, Kim Santerre1,2,3, Solange Landreville1,2,3, Stéphanie Proulx1,2,3
1Centre de recherche en organogénèse expérimentale de l’Université Laval/LOEX 2Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval, axe médecine régénératrice 3Département d’ophtalmologie et d’ORL – CCF, CUO-recherche, Faculté de médecine, Université Laval

CONTEXTE ET OBJECTIFS : La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) de type sèche est la première cause de cécité chez les personnes âgées de 50 ans et plus. Le stress oxydatif est une des principales causes de la mort des cellules de l’épithélium pigmentaire rétinien (EPR) dans la DMLA. Notre équipe a développé un modèle 3D d’EPR et de son tissu sous-jacent, la choroïde. Ce modèle a permis de démontrer que la présence des mélanocytes, le type cellulaire le plus abondant de la choroïde, favorisait la survie de l’EPR en condition de stress oxydatif. Une analyse du profilage génique de fibroblastes, de mélanocytes et de cellules de l’EPR a permis d’identifier les gènes les plus transcrits par les mélanocytes, dont celui du facteur dérivé de l’épithélium pigmentaire (PEDF). L’objectif est de caractériser le rôle des mélanocytes et de leurs facteurs sécrétés, particulièrement le PEDF, dans la survie des cellules de l’EPR dans un contexte de stress oxydatif. Notre hypothèse est que PEDF favorise la survie de l’EPR en condition de stress oxydatif. MATÉRIEL ET MÉTHODES : D’une part, le milieu de culture conditionné par les fibroblastes, les mélanocytes et les cellules de l’EPR en culture 2D (72h) a été récolté. La quantité de PEDF présente dans ces milieux conditionnés a été mesurée par ELISA. D’autre part, des cellules APRE 19 ont été exposées à différentes concentrations d’hydroxyperoxyde de tert-butyl (TBHP; 100, 250, 500, 1000, 2000 uM). Le nombre de cellules en apoptose a été mesuré 24h suivant l’exposition au TBHP (CellEvent Caspase 3/7). RÉSULTATS : Le milieu conditionné par les mélanocytes (705,64 ng/100 000 cellules) contenait plus de PEDF que le milieu conditionné par les fibroblastes et les cellules de l’EPR (14,33 ng/100 000 cellules et 15,29ng/ 100 000 cellules). Moins de 1% des cellules de l’EPR ayant subi un traitement de 100uM au TBHP était en apoptose, alors que plus de 80% des cellules de l’EPR étaient en apoptose pour les autres concentrations. CONCLUSION : Les résultats préliminaires montrent que PEDF est un facteur sécrété plus fortement par les mélanocytes et qu’une concentration de 250uM de TBHP est nécessaire pour générer la mort des cellules de l’EPR. Les analyses futures comprennent l’ajout du PEDF dans ce modèle de stress oxydatif pour vérifier son effet bénéfique sur la survie des cellules de l’EPR. Ces travaux permettent d’envisager trouver une thérapie pour les patients atteints de DMLA de type sèche.