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À l’occasion de la célébration du 15e anniversaire de sa disparition, la Maison de la culture de Tizi Ouzou a abrité plusieurs activités en hommage à l’historien et anthropologue Mohamed Feredj.

Depuis sa création en 2006, l’association des anciens scouts de la ville de Tizi Ouzou ne ménage aucun effort pour multiplier les devoirs de mémoire et restituer l’histoire de la “ville des Genêts” et de la Kabylie ancienne. À ce propos, une journée d’étude a été organisée, mardi à la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, en hommage au défunt Feredj Mohamed Seghir, cet érudit qui s’est toujours passionné pour les recherches anthropologiques et l’histoire de sa ville natale, Tizi Ouzou, depuis sa création par les Amraoua au 17e siècle jusqu’aux derniers jours de sa vie où il décéda le 16 octobre 2003 à l’âge de 91 ans. Et ce fut donc à l’occasion du 15e anniversaire de sa disparition que “Si Moh Fredj” – c’est ainsi qu’on l’a toujours appelé familièrement et respectueusement à Tizi – a été véritablement ressuscité par l’association des anciens scouts de la ville, en collaboration avec la direction de la culture de la wilaya et l’APC de Tizi Ouzou, l’espace d’une journée d’échanges et d’exploration de la grande œuvre littéraire, anthropologique et historique qui aura été léguée à tout le patrimoine culturel de la Kabylie par le défunt historien du Belloua. Et ils étaient nombreux les citoyens et citoyennes à avoir d’abord assisté à une cérémonie de recueillement fort émouvante sur la tombe du défunt au cimetière M’douha de Tizi Ouzou, puis ils ont rallié la maison de la culture Mouloud-Mammeri pour s’abreuver de plusieurs témoignages et de conférences-débats animés par des chercheurs universitaires, des hommes de lettres et des proches parents du défunt, à l’image de Fouad Soufi, Omar Hachi, Rabah Kebdi, Mohamed Attaf, Youcef Merahi, Mme Fella El-Kechai-Moussaoui, sans oublier son fils Hacène Feredj et son ancien compagnon Mohamed Dahmani, professeur d’université et passionné d’histoire, qui ont disséqué les écrits et les archives d’une grande valeur de Si Moh Fredj sous toutes les facettes liées notamment à “la connaissance de l’histoire de la ville de Tizi Ouzou et de sa région”. À l’occasion, le président de l’association des anciens scouts de la ville de Tizi Ouzou, Mustapha Rafai, dira que “c’était un devoir de mémoire qui nous tenait à cœur que de rendre un vibrant hommage au regretté Si Moh Fredj qui nous a laissé un véritable trésor culturel sur l’histoire de notre ville Tizi Ouzou et de toute sa région, surtout que ses œuvres littéraires et historiques constituent des repères d’une grande valeur pour la mémoire collective”. De son côté, l’écrivain et journaliste Youcef Merahi a estimé que “le défunt Mohamed Seghir Feredj était un ancien chef scout, un nationaliste de la première heure et surtout un autodidacte qui mérite beaucoup de respect et de considération pour avoir sacrifié pratiquement toute sa vie à fouiner dans les archives locales, les journaux anciens et les vieux manuscrits pour immortaliser une bonne partie de l’histoire de Tizi Ouzou et de toute la vallée du Sebaou”. Enfin, le professeur Dahmani, qui a longtemps côtoyé Si Moh Fredj, a tenu à préciser que “Mohamed Seghir Feredj était un érudit exceptionnel, dans la mesure où il a effectué de longues recherches sur l’histoire ancienne du “vieux Tizi” et qui nous a laissé de nombreux manuscrits à valeur de chef-d’œuvre d’histoire qu’il a ciselés avec une méthodologie académique et des références bibliographiques que devraient lui envier de nombreux universitaires”.


Mohamed HAOUCHINE